Equipe:
Durée: 113‘
Genre:
Date de sortie: 15/01/2002
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Dans son village rural d’Inde, Maya, jeune fille de 12 ans, vit sereinement la fin de son enfance. Elle passe la plupart de son temps avec son cousin Sanjay. Tous deux jouent des tours au domestique de la maison et vivent mille aventures dans la forêt voisine. Cependant, leur amour quasi fraternel va être bouscullé par le destin cruel de Maya. Effectivement, lorsque d’une jeune fille devient pubère, elle est alors la victime d’un rite ancien et brutal qui la fait devenir femme…

Notre critique:

Sur un joli dégradé orangé, des enfants se gavent de bonbons… Le réalisateur Digvijay Singh pose un regard enfantin et coloré sur eux deux, cousins à l’amour fraternel prononcé. De là, on découvre le cercle familial aisé et les habitudes de tous ses membres. S’enclenche un long chemin vers l’inadmissible, vers la tradition, vers le passage de l’état de fille à celui de femme pour une gamine de 13 ans qui ne sait même pas qu’elle vient d’avoir ses premières menstruations. Au regard empli de questions de cette enfant s’opposera le monologue maladroit de ses tuteurs qui pour répondre à la tradition comme on accomplit un devoir organiseront la célébration. Mais plutôt que célébration, il faudrait employer acte odieux, barbare, tradition séculaire qui éventre à tout jamais l’intimité d’une gosse qui n’a rien demandé et qui va, tel un animal vers l’abattoir, recevoir le coup de grâce qui mettra définitivement fin à son innocence!

Il y a de très bonnes choses dans MAYA comme l’inéluctable force que l’on trouve dans la véracité de certains rites toujours perpétrés dans certains pays. Il y aussi ce regard posé, pudique et pré-pubère que le réalisateur installe sur son histoire. Il y a aussi les couleurs chatoyantes qui renforcent le décalage. Il y a ce désir de situer l’action au sein d’une cellule familiale sans problème, aucun. Il y a cette amitié entre deux petits êtres qui se verra bafouée à tout jamais à cause de sévices!

Néanmoins, si on sort effrayé de la projection, on se sent également pris de regrets. Effectivement, si la lente progression dramatique aboutit à ce moment de bestialité, on regrette fort amèrement que le metteur en scène ne s’attarde pas plus sur la reconstruction ou la destruction psychologique de Maya. Certes la cérémonie est finie, les us ont pris leur droit, l’enfant est brisé, mais et après? Et si dans cette horreur, le réalisateur nous donnait une réponse à cet état, à l’image de cette fille éteinte. A la renaissance, il a préféré le constat. C’est un choix. Facile?! Peut-être! Mais certainement pas dénué de violence. A nous de l’accepter ou pas.

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Journaliste