Titre français: Marius Et Jeannette

Equipe:
Durée: 102‘
Genre:
Date de sortie: 09/12/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

L'Estaque est un quartier de Marseille défiguré par une cimenterie désaffectée, par le chômage et la pauvreté. C'est là que Marius l'ouvrier rencontre Jeannette la caissière. Lui est taciturne et mystérieux. Elle est expansive et têtue. Ils s'aiment. Mais pour deux êtres que la vie a profondément blessés, le chemin menant à l'amour est semé d'obstacles.

Notre critique:

Côté pile, MARIUS ET JEANNETTE est un conte romantique résolument optimiste. La mise en scène est souvent théâtrale, intime et vivante. Les acteurs nous sont pour la plupart inconnus. Ils ont presque tous déjà joué pour Robert Guédiguian, le réalisateur, auteur de L’ARGENT FAIT LE BONHEUR et de A LA VIE, A LA MORT! Et cela se sent: tout est spontané, facile et gai. Cette unité de coeur et d’esprit enveloppe l’histoire d’un voile sincère et touchant.

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L’action se partage entre deux décors superbes. En extérieur, l’usine abandonnée où vit Marius, sorte de ville fantôme étouffant sous la chaleur du soleil. En studio, le réalisateur a reconstruit une cité, un petit patio commun où évoluent Jeannette et ses voisins. Une terrasse qui sent bon l’aïoli et la Méditerranée…

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Côté face, MARIUS ET JEANNETTE est un appel à la raison, une sonnette d’alarme qui rugit face aux problèmes qui pourrissent notre société. Guédiguian s’attaque au fanatisme religieux, à l’intolérance, au racisme. Pour ce faire, il entrecoupe son histoire principale de scènes pédagogiques: un vieux professeur explique aux enfants le pourquoi et le comment des choses. Hélas, ces séquences moralisatrices apparaissent inopinément. La construction est maladroite et artificielle. Si l’intention est bonne, le résultat peut être frustrant pour les puristes!

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Cela n’empêche. L’histoire de MARIUS ET JEANNETTE est plutôt sympathique. Si réserve il y a, c’est celle d’avoir frôlé de peu le chef-d’oeuvre. On le sent: Guédiguian, le marseillais, marche sur les traces des grands cinéastes sociaux anglais, tout en préservant son identité méditerranéenne. Il s’attaque aux injustices d’aujourd’hui, à la fois avec force et tendresse. A travers sa caméra, c’est le peuple qui parle. Le moins qu’on puisse faire, c’est de l’écouter.

A propos de l'auteur

Journaliste