Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 16/06/1998
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Sur fond de Côte d'Azur irréelle, voici les chassés-croisés haine-amour d'un délinquant de 15 ans (Orso) et d'une pétasse prépubère de 14 ans (Marie) dont les hormones s'éveillent. Le délinquant délinque avec sa bande de petites frappes tandis que la pétasse s'encannaille avec les marins américains qui font escale à la base toute proche.

Pour délinquer encore plus, le délinquant cherche un révolver. Pour plaire à ses hormones, la pétasse est prête à échanger quelques marins à bonnet blanc contre un délinquant aux actions bien noires.

Notre critique:

Au secours!

Tout cela nous est servi en scope et avec un montage allambiqué.

MARIE BAIE DES ANGES est un film qui pue l’artifice de A à Z. Manuel Pradal, le réalisateur, l’admet d’ailleurs d’entrée de jeu et même le revendique, puisqu’il souhaitait donner une image reconnaissable mais intemporelle de la Côte d’Azur. En parallèle, il voulait travailler avec des acteurs non professionnels, issus de la rue comme les personnages qu’ils interprètent, pour obtenir une crédibilité immédiate. La combinaison de cette imagerie d’épinal et du naturalisme des acteurs pouvait être une idée plaisante sur papier mais elle ne passe pas le cap de la mise sur pellicule.

D’autant que les chassés-croisés évoqués plus haut sont aussi passionnants que le va et vient d’une mouche au plafond. Orso obtiendra-t-il son révolver? Marie continuera-t-elle à voir les marins? Marie se fachera-t-elle avec sa copine? Orso et Marie seront-ils heureux?

A force de vouloir placer son histoire hors du temps, Manuel pradal nous retire tout repère et noie le poisson, à savoir: une histoire entre deux adolescents hors normes qui aurait pu nous séduire si, au moins, il leur arrivait quelque chose, et qu’une once d’émotion venait faire vibrer leurs visages obstinément butés, qui ne traduisent rien d’autre que l’incapacité du réalisateur à diriger ses acteurs. Sauf si, bien entendu, le fait de faire tirer la gueule à 2 comédiens pendant 90 minutes est aussi un parti pris de réalisation, auquel cas il n’y aurait plus rien à redire, excepté : « mauvaise idée ».

« S’il te faut l’ennui pour te sembler profond… » chantait Brel. C’est exactement la remarque que l’on a envie de faire ici.

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Journaliste