Equipe: Amanda Seyfried, David Fincher, Gary Oldman, Jack Fincher, Lily Collins
Durée: 131‘
Genre: Drame biographique
Date de sortie: 04/12/2020
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

1940. Alors qu'il a 24 ans, Orson Wells se voit confier par la RKO la possibilité de faire le film qu'il veut avec les interprètes qu'il veut et le budget qu'il veut. C'est Herman Mankiewicz, scénariste et alcoolique, qui est en charge du scénario...

Notre critique:

MANK, le nouveau film de David Fincher (GONE GIRL) sort donc sur la plateforme Netflix (avec qui il a signé une exclusivité pour les 4 prochaines années!) et aborde le duel entre le scénariste, le réalisateur et les grands studios qui a présidé la naissance d’un des très grands films de l’histoire du cinéma: CITIZEN KANE.

Plongeant dans l’univers du Hollywood d’avant-guerre, Fincher, un des tous grands réalisateurs contemporains, mais aussi un grand amateur de cinéma, en adaptant un script de son père, Jake Fincher, datant de la fin des années 90, nous embarque dans un Hollywood caustique, entre drame et comédie noire, rythmé par une bande son jazzy qui colle parfaitement à l’époque abordée.

Avec un sens du détail dans sa mise en scène, un jeu sur le clair obscur du noir et blanc, un sens du dialogue incroyable (souvent plein de sous-entendus), Fincher dénonce les abus d’un monde du cinéma dominé par des studios tout puissants mais aussi des personnalités fortes qui confrontent leurs idées et leurs positions respectives dans la société.

Pour bien faire ressentir le cynisme hollywoodien, MANK décrit un milieu du cinéma et des médias cynique au possible dans lequel l’intérêt financier passe avant tout et où des guerres larvées se déroulent en permanence. La scène avec L.B. Mayer qui annonce la réduction des salaires de l’ensemble du personnel du studio est absolument grandiose et complètement représentatif du travail de narration et de mise en scène de David Fincher afin de rendre tangible le côté immoral des grands studios de l’époque.

Avec un casting solide mais sans grande star hollywoodienne, David Fincher choisit de ne pas transposer ce star system dans son film conservant ainsi toute la force de ses personnages de fiction. Gary Oldman (THE DARK KNIGHT RISES, TINKER TAYLOR SOLDIER SPY) campe l’alcoolique Herman Mankiewicz, intellectuel démocrate dans un milieu libéral et républicain. Il est le pivot de ce récit de pouvoirs, la mouche au centre d’une toile qui le dépasse.

Si MANK est un très bon Fincher, c’est aussi un film de cinéphile qui se goûte au travers des références hollywoodiennes de l’époque distillées tout au long du film. Mais qui restera plus obscur pour un public non averti même si ce dernier pourra apprécier les qualités intrinsèques du film!

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A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...