Equipe:
Durée: 105‘
Genre:
Date de sortie: 12/06/2001
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Malèna est une splendide jeune femme récemment installée au village de Castelcuto et dont le mari est parti à la guerre. Elle suscite tant les désirs libidineux des hommes du village que la venimeuse jalousie de leurs épouses. Renato, adolescent de 13 ans, succombe lui aussi aux charmes gourmands de Malena et fait d'elle l'héroïne de sa sexualité naissante.
La guerre, pourtant, fera prendre un tour cruel aux événements, révélant les rancoeurs et l'aigre méchanceté de la vie provinciale.

Notre critique:

Tornatore s’est toujours attaché à décrire l’Italie profonde, l’Italie du terroir, avec ses villages pittoresques, ses villageois qui ne le sont pas moins, et cette bonhommie joviale (CINEMA PARADISO) qui cache parfois une veulerie sournoise comme dans L’UOMO DELLE STELLE ou MALENA. Sous ses dehors avenants, son cinéma épingle sans douceur les travers humains tels que la lâcheté, la mesquinerie, la jalousie. Si on ne peut aller jusqu’à parler de mysanthropie de la part du réalisateur transalpin, on peut évoquer, au choix, un certain désenchantement vis-à-vis de l’humain ou une certaine lucidité qui n’exclut toutefois pas de timides pointes d’espoir. MALENA est un très bel exemple de cet état d’esprit. Aux yeux des habitants de Castecuto, la trop belle Malena ne peut être honnête. Dans l’esprit exigu de la population locale, comme son époux est parti à la guerre, il ne fait pas de doute qu’elle le trompe. Lorsqu’elle se retrouve veuve, il ne fait pas de doute qu’elle ne respecte pas le deuil. Et lorsque les événements et l’indifférence revencharde des villageois poussent Malena dans des bras aussi profiteurs que protecteurs, ces même villageois auront beau jeu d’y voir la confirmation de leurs soupçons passés et la justification de leur haine violente.

Spectateur de cette confrontation entre une population impitoyable et une jeune femme à la fois trop belle et trop digne, le jeune Renato apportera la lueur d’espoir. Et si son attrait pour la jeune femme était tout d’abord de l’ordre du fétichisme érotique, bien compréhensible pour un garçon de 13 ans, il se transformera au fil des événements évoqués en un sentiment plus complexe, qui lui permettra de comprendre les motivations de Malena. Belle thématique donc. Dommage qu’une nouvelle fois (c’était déjà le défaut de CINEMA PARADISO) la mise en scène pèche par un académisme laborieux qui rapproche le film d’une production tévé à budget confortable. Dommage également que Tornatore persiste, film après film, à mélanger les styles, balançant sans trop de grâce entre la comédie patachonne et le drame cruel. Plutôt que de se renforcer l’un l’autre, ces genres ainsi mélangés provoquent des ruptures de ton qui, à la longue, deviennent irritantes et même insupportables lorsque survient le climax dramatique du film. On a alors le sentiment décevant d’assister à une caricature des thèmes exprimés qui, dès lors, voient leur force s’évanouir.

Décidémment, dommage.

A propos de l'auteur

Journaliste