Equipe:
Durée: 93‘
Genre:
Date de sortie: 13/11/2001
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Ce ne sont pourtant pas les métiers qui manquent et encore moins les jolies filles, mais il a fallu que ça tombe sur lui. Yvan la trentaine, journaliste sportif, partage sa vie pour le meilleur et pour le pire avec une femme qui fait partie comme il le dit de la secte du 7ème art puisqu’elle est actrice. Et si la célébrité de Charlotte est parfois bien pratique pour réserver une table dans un restaurant à la mode, elle l’est nettement moins pour se balader incognito et échapper aux séances d’autographes ou de photos de fans importuns. Mari plutôt jaloux au tempérament impulsif, Yvan a de plus en plus de mal à supporter cette situation. Et lorsqu’un jour dans un bistrot un type un peu lourd lui demande si ça ne le dérange pas que tout le monde voit sa femme à poil et lui avoue que lui ça l’excite, trop c’est trop, il pète littéralement les plombs. Pendant ce temps à Londres, Charlotte tourne les scènes d’amour de son prochain film avec pour partenaire une grande star plus vraiment toute jeune mais avec encore pas mal de ressources question séduction sur les jeunes comédiennes.

Notre critique:

Il n’est pas utile d’être un acharné de le presse people, pas plus qu’il n’est nécessaire de faire de la concurrence à notre Monsieur Niouze, pour savoir que la vraie compagne d’Yvan Attal est effectivement une actrice et qu’il s’agit également de la véritable Charlotte Gainsbourg. C’est d’ailleurs sur le tournage d’un film (AUX YEUX DU MONDE) de son vieux complice Eric Rochant que ces deux là se sont rencontrés pour depuis ne plus se quitter. Bien que l’idée de faire un petit clin d’œil à sa vie privée remonte déjà à quelques années et s’était concrétisée à l’époque par un court métrage de 6 minutes (I GOT A WOMAN), il aura fallu toute la confiance et la persuasion du réalisateur / producteur Claude Berri pour le convaincre de passer à la vitesse supérieure en le transformant en long métrage.

Si toute ressemblance avec la réalité n’est pas complètement fortuite et que l’on imagine facilement que son réalisateur n’a eu qu’à se baisser pour cueillir les anecdotes qui font le terreau de son film, l’histoire elle, n’a en rien la prétention ou encore l’indécence de raconter sa vie de couple. Bien au contraire en s’amusant joyeusement à brouiller les pistes, en donnant l’illusion de la réalité, Yvan Attal nous propose ici une variation légère et amusante sur la fascination que suscite la célébrité et la vie des acteurs à travers la jalousie maladive d’un mari qui ne fait pas partie du sérail. Ruses de mixage (chaque prononciation du nom de famille de Charlotte est couvert par différents bruits), situations cocasses, fous rires et répliques qui font mouche, à la manière d’une comédie à l’américaine, MA FEMME EST UNE ACTRICE allie avec fraîcheur et bonne humeur le romantisme et le burlesque.

Tous ces louanges ne masquent cependant pas quelques faiblesses de mise en forme ainsi qu’un manque sérieux d’épaisseur dans les caractères des personnages (le grand Terence Stamp semble relégué à de la simple figuration). De même que l’on s’interroge un peu sur le bien fondé et l’intérêt de rajouter à la crise que traverse Yvan et Charlotte, un conflit secondaire sur fond de maternité et de circoncision dans un ménage juif. Pourtant malgré ses imperfections et ses cafouillages on ne saurait complètement en vouloir à la caméra touchante et complètement amoureuse d’Yvan Attal qui sublime sa photogénique compagne. Lumineuse, drôle et légère, Charlotte Gainsbourg n’a jamais été aussi rayonnante à l’écran ni son sourire aussi craquant. Rien que pour ça, cette merveilleuse façon de déclarer sa flamme à sa femme mérite quand même le détour.

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Journaliste

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