Equipe: Christina Hendricks, Iain De Caestecker, Matt Smith, Ryan Gosling
Durée: 95‘
Genre: Thriller
Date de sortie: 07/04/2015
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

La ville de Lost River, un quartier en ruine que tout le monde tente de fuir en pleine crise des subprimes. Seuls, Bones, sa mère et son petit frère Franky tente de survivre. Bones vole le cuivre des maisons et des bâtiments abandonnés pour rapporter un peu d’argent à la maison...

Notre critique:

La crise économique de 2008 aux USA, due aux fameux ‘subprimes’, a généré son lots de sacrifiés sur l’autel des crédits, renvoyant dans la rue des gens qui ne pouvaient plus payer leur crédit logement. Et c’est sur cette base extrêmement réaliste que Ryan Gosling, pour son premier film derrière la caméra, décline une étonnante expérience, proche de celle d’un David Lynch.

Ambiance de fin du monde dans un univers de décrépitude, des personnages au bord du précipice, tous plus étranges les uns que les autres, tout cela vient nourrir le point de départ réaliste d’un récit presque fantasmagorique voire fantastique.

Si l’on sent que Gosling est fortement influencé par ses rôles mais aussi par son réalisateur fétiche Nicolas Winding Refn (DRIVE, ONLY GOD FORGIVES) et par des réalisateurs qu’il apprécie comme Lynch, on a le sentiment à la vision du film qu’il ne parvient pas à glisser ses tripes entre lui et sa mise en scène. LOST RIVER semble donc parfois très esthétisant dans le sens où c’est plus la gratuité de l’esthétique qui transparaît que l’imagerie obsessionnelle de l’acteur/réalisateur.

Cela ne fait pas de LOST RIVER un mauvais film, bien sûr, mais c’est plus l’hommage explicite qui transpire des images qu’une volonté d’inclure ses personnages dans un univers personnel. Et c’est seulement à la fin, lorsque le récit accélère en mettant tous les protagonistes en danger, leurs existences même en question ainsi que leur liberté, que le film prend de l’ampleur et que Ryan Gosling semble enfin se libérer de ses influences.

En tout cas, il s’avère clair que l’acteur, plébiscité par de nombreux fans dans le monde, a quelque chose à dire derrière la caméra et qu’il pourrait peut-être s’avérer d’ici quelques films un metteur en scène à suivre absolument.

Vous aimerez peut-être:

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...