Equipe: Elena Sofia Ricci, Paolo Sorrentino, Riccardo Scamarcio, Toni Servillo
Durée: 145‘
Genre: Drame biographique
Date de sortie: 31/10/2018
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Sardaigne. Dans une superbe villa, l’émission “Chiedi a Mike” passe à la télé sans son. Pendant ce temps, dans les Pouilles, Candida, une prostituée débarque sur un bateau en mer comme monnaie d’échange pour faciliter un contrat...

Notre critique:

Paolo Sorrentino, c’est un peu moins de 20 ans de cinéma, 8 longs métrages et surtout une réputation de réalisateur d’un certain renouveau du cinéma italien. Ce sont des films taillés au cordeau, tant au niveau scénario entre réalisme social et fable, qu’au niveau mise en scène soignée.

Après LA GRANDE BELLEZZA et YOUTH, Sorrentino change encore une fois de registre s’attaquant de face au monde politique italien, et pas n’importe quel monde, celui de Berlusconi. Pour pouvoir parler sans retenue de ce phénomène politique, le réalisateur italien a du se tourner vers d’autres maisons de production que l’habituelle Medusa Film, controlée par le dit Berlusconi.

Pensé comme un diptyque et sorti comme tel en mai 2018, LORO a ensuite été fusionné en un seul long de 145 minutes utilisable pour être nominé aux Oscar. C’est cette version qui sort en Belgique fin octobre.

Si LORO annonce la couleur dès le début “tout est fictif mais certains faits sont inspirés de faits authentiques”, le film est un véritable maelström de corruption, de sexe et de drogue, en clair une charge à pas forcés contre un personnage controversé, un personnage extrême et extrémiste. A l’image de Berlusconi, les décors sont flamboyants et creux à la fois, les femmes sont magnifiques et se déplacent en troupeau autour de “il cavaliere”, l’homme qui vend du rêve à son pays.

LORO n’est jamais tendre et est évidemment un portrait à charge, mais n’en est pas pour autant une attaque frontale, c’est plus un amalgame de petites piques autour d’un personnage atteint d’un immense sentiment d’infériorité et qui traîne des casseroles à n’en plus finir (le film est situé après sa première disgrâce politique).

Avec ce nouveau film, Paolo Sorrentino montre qu’il est à l’aise dans tous les registres de la satire au drame en passant par la comédie. Un réalisateur que l’on prend toujours plaisir à retrouver…

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A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...