Equipe:
Durée: 102‘
Genre:
Date de sortie: 26/01/1999
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Il y a Judith l'infirmière qui vient de se faire abandonner par son mari chirurgien. Seule dans son luxueux appartement de la cinquième avenue, elle essaie d'oublier 16 ans de vie commune où elle a tout sacrifié. Il y a Pat, le garçon d'ascenseur, petit magouilleur, perdant perpétuel, dont la fille vient de mourir. Un hasard force ces deux personnages à s'adresser la parole, alors qu'ils ont toujours partagé le même ascenseur sans se regarder. Et une amitié fragile voit le jour, qui les aide à reprendre goût à la vie.

Notre critique:

Richard LaGravenese est un des (si pas le) meilleurs scénaristes américains actuels qui a toujours eu la chance d’être mis en scène par les meilleurs (Gilliam pour FISHER KING, Eastwood pour THE BRIDGES OF MADISON COUNTY). Passé derrière la caméra, il reste fidèle à ses qualités – subtilité de l’écriture, élégance, justesse des sentiments – et livre deux superbes portraits de personnages à la recherche d’eux-mêmes.

Cela sent le mélo, mais en fait pas du tout. LIVING OUT LOUD est une comédie délicate. LaGravenese y est funambule des sentiments, équilibrant toujours le sourire et les larmes. Il a aussi le très bon goût de ne pas céder au romantisme miraculeux: l’histoire d’amour latente ne se concrétise jamais; et lorsqu’elle devient trop apparente, la douleur pointe: Pat espère, Judith refuse toujours, sachant qu’elle le fait souffrir, mais qu’elle ne peut faire autrement.

Holly Hunter occupe l’écran comme jamais: tour à tour fragile, drôle, ivre et sensuelle, elle livre une composition incroyablement variée, et par endroit ébouriffante (Dieu qu’elle danse bien…). Danny DeVito -comme d’habitude- est impeccable (Dieu qu’il chante bien…). Richard LaGravenese se révèle aussi bon directeur d’acteurs que scénariste, retrouvant la trempe d’un Mankievicz, ce dont le cinéma américain a bien besoin ces derniers temps.

Ceci dit, on se demande comment cette comédie adulte, sophistiquée, pertinente, trouvera sa place chez le mangeur de pop-corn moyen… Si vous n’allez au cinéma qu’une fois par mois ou par an pour vous élever l’esprit: foncez!

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.