Equipe:
Durée: 94‘
Genre:
Date de sortie: 24/09/1996
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Pierre Duval (Vincent Lindon) tombe amoureux de Manou (Florence Thomassin), une femme étrange qui se présente comme l'épouse de Bernard Jaillac (Jacques Dutronc), un architecte de renom. Il ne peut pas se passer d'elle mais elle doit suivre son mari sur un chantier au Maroc. Il décide de les accompagner en prétendant écrire un livre sur l'architecte. Mais il découvre au Maroc que la femme de Jaillac n'est pas Manou, mais Claire (Karin Viard). Qui est cette Manou? Qu'est-ce qu'il fout au Maroc avec ces inconnus? Se serait-il fait avoir?

 

Notre critique:

Le spectateur peut se demander légitimement la même chose, tant LES VICTIMES dégage d’ennui. Difficile de raconter une histoire dont le héros est aussi passif: il hésite à agir, se laisse aller à la gamberge. Il imagine des dizaines d’explications à sa situation. Pour nous faire entrer dans sa tête, Patrick Grandperret n’a rien trouvé de mieux que de caler sa caméra en gros plan sur la tête de chien mouillé de Vincent Lindon et de faire défiler ses questions en off. On y a droit pendant près de la moitié du film: passionnant! Pour faire avaler la pilule, il alterne avec des chromos du Maroc, parfaitement hors de propos et vides de sens.

Intériorisés jusqu’à la dédramatisation, les retournements de situations majeurs (le voyage sans Manou, l’arrivée de Claire, l’idylle improbable qui se noue entre Claire et Pierre Duval) font rire ou laissent perplexe. C’est malheureux. Rarement Boileau et Narcejac ont été aussi mal servis.

On préfère de loin les oeuvres africaines de Patrick Grandperret -L’ENFANT-LION et, dans une moindre mesure, LE MAITRE DES ELEPHANTS- plus maîtrisées, plus personnelles.
En louchant vers le VERTIGO d’Hitchcock ou LES DIABOLIQUES de Clouzot, il s’est perdu dans un style qui n’est manifestement pas le sien. Une solide erreur de jugement dont les vraies VICTIMES ne sont pas à l’écran, mais assises, affligées, dans la salle.

 

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.