Titre français: Les Soeœurs Fâchées

Equipe: Alexandra Leclère, Catherine Frot, François Berléand, Isabelle Huppert
Durée: 93‘
Genre: Comédie dramatique
Date de sortie: 21/12/2004
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

En bonne bourgeoise parisienne qui se respecte, Martine ne fait rien de ses dix doigts, est forcément tout le temps débordée et affiche en permanence et en toutes circonstances un naturel hautain, froid et coincé. Belle et élégante, Martine a pourtant tout pour être comblée: un riche époux, un petit garçon adorable et un superbe appartement dans les beaux quartiers. Tout sauf sans doute l'essentiel: la joie de vivre. Justement, sa sœur Louise esthéticienne en province et avec qui elle est un peu fâchée, déborde de bonheur et d'insouciance. De passage à Paris pour rencontrer un éditeur désireux de publier son premier roman, Louise qui est hébergée chez Martine, va très rapidement horripiler et exaspérer sa sœur au plus haut point. La bonne humeur et la naïveté indéfectibles de l'une vont sérieusement perturber le snobisme et le quotidien doré de l'autre.

Notre critique:

Il est vrai qu’à la lecture du synopsis, on se dit qu’avec un argument aussi simpliste et naïf que cette histoire de deux frangines diamétralement différentes, on fonce droit dans le mur de la catastrophe cinématographique clairement annoncée. D’un côté l’esthéticienne provinciale et nunuche mais heureusement hyper sympathique et dégoulinante de générosité et de l’autre la bourgeoise parisienne snobinarde et névrosée qu’un convoi de chez Barnum et un bon d’achat chez Prozac n’arriverait pas à dérider. Une mise en scène impersonnelle, un scénario qui repose principalement sur des effets d’opposition (la riche / la fauchée, la provinciale / la parisienne, l’expansive / l’introvertie…), gloups, encore une comédie pas très fine où la vilaine caricature guette et les gros clichés ne sont pas très loin, serait-on tenté de penser!

Oui mais voilà, on a oublié de vous parler d’un élément de taille: le casting! Réunir sur une même affiche Isabelle Huppert et Catherine Frot n’a sans doute pas été une mince affaire pour Alexandra Leclère (dont c’est le premier film et qui pour la petite histoire n’a pas hésité à aborder Miss Huppert dans la rue pour lui donner son scénario), mais c’est aussi et avant tout une sacrée bonne idée qu’elle a eue de faire se rencontrer ces deux fabuleuses comédiennes. Avec des dialogues savoureux et on ne peut plus écrits sur-mesure, l’une campe avec un naturel déconcertant une pétillante Louise qui transpire la gentillesse avec juste ce qu’il faut de niaiserie et d’insouciance tandis que l’autre interprète magistralement une Martine odieuse et exécrable à souhait et pourtant malgré tout attachante. Toutes les deux donnent à leurs personnages au départ plutôt caricaturaux, une vraie profondeur. Petit à petit les caractères des deux héroïnes s’enrichissent, se nuancent et deviennent plus ambigus pour finir par révéler des fêlures latentes et des blessures plus graves.

Loin de la satire sociale tant redoutée, LES SŒOEURS FACHEES démarre certes sous des allures de comédie légère comme pour mieux progressivement glisser vers un ton plus grinçant et quelque chose de plus profond et complexe qu’il n’y paraît. Reposant il est vrai sur la prestation et le talent de son beau duo d’actrices et une fort jolie brochette de seconds rôles, ce film qui sur papier pouvait laisser présager le pire, s’est finalement transformé à l’écran en agréable surprise drôle et piquante, teintée de différentes tonalités.

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