Equipe:
Durée: 100‘
Genre:
Date de sortie: 11/12/2001
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

De l'Orient à la Galilée il y a tout de même une sacrée trotte, mais bon quand il s'agit d'aller célébrer la naissance du divin enfant les kilomètres ne comptent pas. Nous sommes donc en l'an 0 et faute de Boeing ou Airbus supersonique, c'est en suivant des yeux l'étoile du berger, les bras chargés de cadeaux et les babouches fumantes que Melchior, Gaspard et Balthazar sont sur le point d'atteindre l'étable où le petit Jésus vient de pousser son premier cri. Mais par un malencontreux miracle spacio-temporel (si si ça existe), nos trois Rois Mages se retrouvent soudainement téléportés en 2001 à différents endroits de notre bonne vieille planète. Comme il n'y a pas de temps à perdre, qu'ils sont drôlement polyglottes et plutôt débrouillards, ils finissent quand même par tous se retrouver dans le métro à Paris, qui comme chacun le sait est vraiment le lieu idéal pour leur aventure biblique.

Notre critique:

En 1995 alors au sommet de leur art et de leur gloire  » télémagouillesque « , les Inconnus alias Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus, signaient LES TROIS FRERES, un premier long métrage qui allait se tailler un joli petit succès au box-office et rafler au passage le César de la première oeuvre. Depuis les trois acolytes, en brouille avec leur ancien producteur qui leur interdisait d’apparaître ensemble sous peine de devoir lui verser à chaque fois des royalties, s’en étaient allés taquiner la caméra tantôt en solo tantôt en duo, dans de piteux exploits qui ne resteront sans doute pas dans les annales des grands moments de la comédie.

Leurs problèmes juridiques semblant s’arranger, il ne restait plus qu’à trouver une idée de film drôlement rigolote pour que le joyeux trio puisse à nouveau se retrouver à l’écran. Partant du postulat que pour ne fâcher personne et faire plaisir à tout le monde il était préférable de trouver une histoire comportant trois personnages plutôt sympas dont un de couleur, on comprend mieux que l’idée d’un remake des 12 SALOPARDS ne leur ait pas effleuré l’esprit. Lectures trop poussées de l’Evangile selon St Matthieu, écoutes répétées du dernier best of de Sheila à moins que ça ne soit tout bêtement un trop plein de galette frangipane, toujours est-il que c’est sur Les Rois Mages qu’ils ont jeté leur dévolu.

Reprenant la recette des VISITEURS et du décalage dans le temps, sans oublier d’y ajouter leur goût prononcé pour la parodie et leur humour franchouillard, c’est donc au 21ème siècle et en plein Paname qu’ils expédient leurs trois personnages vieux comme Hérode. Autant dire que ce ne sont pas les occasions et les situations qui manquent pour épingler les tics et les travers de notre société. Et c’est bien là que le bât blesse, pressant comme un citron les ressorts comiques de l’anachronisme, usant et abusant de gags basés sur les paradoxes et les contrastes des deux époques, les scènes se suivent et se téléphonent comme un vulgaire catalogue de sketches un peu lourds. Du coup à force de les empiler les uns sur les autres on est bien obligé de desserrer les dents malheureusement juste pour lâcher un bâillement de lassitude à moins que ça ne soit un début d’indigestion. A réserver exclusivement aux fans du trio qui n’ont rien d’autre à se mettre sous la dent juste en souvenir du bon vieux temps.

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Journaliste

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