Titre français: Les Palmes De M. Schutz

Equipe:
Durée: 106‘
Genre:
Date de sortie: 22/04/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

M. Schutz cherche les palmes. Obsédé par les honneurs, il pousse les chercheurs de son école de physique et de chimie à faire des découvertes sensationnelles dont le succes retomberait sur lui. Pour faire avancer Pierre Curie et son collègue Gustave Bemont dans leur recherche, il leur adjoint une étudiante polonaise du nom de Marie Sklodowska...

Notre critique:

Claude Pinoteau est un réalisateur français. Il fait des films français. Certains se rappelent même d’une certaine BOUM, suivie d’une BOUM 2. Mémorable. Et suspect. Pourtant, malgré des références aussi douteuses, le résultat est surprenant. Comme dirait un certain dicton: qui peut le pire ne peut que le mieux. Et il faut reconnaître que ces PALMES DE MONSIEUR SCHUTZ, une biographie romancée de Pierre et Marie Curie, est attachante. Malgré des défauts indiscutables.rn

Soyons carrément enthousiastes: l’intention de Claude Pinoteau et de Jean-Noël Fenwick, qui signe les dialogues, est louable. Ce que le duo veut, c’est démystifier deux figures de légende, et montrer par la même occasion la fragilité sur laquelle repose l’image que nous avons de ce couple célèbre. On les imagine aisément sérieux, coincés dans leur grand tablier souillé, les yeux rouges et tristes. Malheureux, en somme. Qui nous dit que la vérité n’est pas complètement opposée? Pourquoi ne seraient-ils pas des rigolards au franc parler, des amoureux fous poussant des coups de gueule sur leurs supérieurs? Quitte à transformer la réalité historique, autant l’enjoliver, la rendre drôle et belle. En voilà, une bonne idée.rn

D’autant que les deux scientifiques sont interprétés par Isabelle Hupert (qui se paie un accent polonais roulatoire) et Charles Berling ; et qu’en plus, les auteurs leur ont mis sur le dos un Monsieur Schutz insupportable, incarné par un Philippe Noiret très en verve. C’est la jubilation. Une telle équipe gonfle LES PALMES DE MONSIEUR SCHUTZ d’une bonne humeur très communicative..rn

Tout serait pour le mieux si il n’y avait ces tirades anachroniques, interminables ou hors contexte. Lorsque le recteur s’écrie « bite d’ours » et autre « bordel à coulisse », on ne sait plus très bien contre qui il s’insurge. Contre Marie Curie? Ou contre un dialoguiste qui confond grossièretés et éclats de rire? Il ne faut pas compter sur la mise en scène de Pinoteau pour relever la barre. Classique et inattaquable, elle tient cependant plus du téléfilm que du cinéma. Elle ne profite pas suffisamment des décors, pourtant très soignés.rn

Restons bon public: LES PALMES DE MONSIEUR SCHUTZ est gentil, même s’il est un peu maladroit et parfois un peu léger. Sa simplicité et sa douceur exhalent un parfum qui fait chaud au coeur. Pourquoi s’en priver?

A propos de l'auteur

Journaliste