Equipe:
Durée: 95‘
Genre:
Date de sortie: 17/04/2001
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Parasite de jour et oiseau de nuit, Antoine hante les soirées parisiennes les plus branchées. Pour pousser les portes les plus privées, il se fait passer pour l'ami d'un certain Jordan, un type mystérieux qui a ses entrées dans le Paris interlope. Antoine se retrouve vite pris au piège de son propre mensonge. Un puissant homme d'affaires l'oblige sous la menace à lui amener Jordan afin d'épurer ses dettes. Antoine part donc à la recherche de Jordan, qui sort accompagné de sa soeur, la belle et sulfureuse Violaine. Plus il se rapproche du couple, plus le danger se précise.

Notre critique:

Après quelques prestations plus anecdotiques que convainquantes, Antoine de Caunes (L’HOMME EST UNE FEMME COMME LES AUTRES, CHILI CON CARNE, LA-BAS MON PAYS) troque sa casquette d’acteur pour celle, neuve, de réalisateur. Au hasard d’une rencontre dans un avion, un producteur lui propose le scénario des MORSURES DE L’AUBE: l’occasion fait le larron, en quelque sorte.

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Bien sûr, LES MORSURES DE L’AUBE n’est pas un grand film. Il n’est pas totalement aboutit. Il navigue en eaux troubles, sans vraiment parvenir à harponner son public. N’empêche, ce premier long métrage porte en lui des germes prometteurs, de bonne augure pour la suite de la reconversion de l’ex-présentateur vedette de Canal Plus. La réalisation est carrée et efficace. Quelques coups d’audace réussis zèbrent l’ensemble. On espère les voir plus nombreux à l’avenir.

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La direction d’acteurs est impeccable. De Caunes s’est entouré de sa bande de potes (Gérard Lanvin, José Garcia, Gilbert Melki, surprenant) et est allé chercher l’égérie gothique italienne, Asia Argento. Seul le choix de Guillaume Canet semble discutable, tant l’acteur de THE BEACH paraît mollasson, voire absent, en noctambule naïf et magouilleur. Heureusement, cette performance en demi-teinte, influencée par un personnage faiblard sur papier, est noyée dans la masse et le plaisir communicatif dont tout le casting fait preuve.

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Finalement, la seule erreur du français est d’avoir choisi comme tremplin le roman de Tonino Benacquista. L’histoire se déroule entièrement dans le milieu interlope parisien. Boîtes de nuit glauques sur fond de nuits chaudes, faune bigarrée et personnages ambigus: l’univers est riche et on n’a qu’une envie: s’y plonger. Hélas, Benacquista puis Laurent Chalumeau (un complice de longue date de De Caunes qui signe ici l’adaptation) s’évertuent à mélanger les genres. Du film de vampires à la série noire, en passant par la comédie traitée au second degré, en tant que spectateur on ne sait plus où donner de la tête.Cet imbroglio scénaristique finit par dégager un goût de trop peu, dans tous les domaines.

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Reste que la vision de cette série B procure un plaisir indéniable même si trop éphémère. Qu’importe, De Caunes s’est fait la main, gageons que par la suite, il s’appuiera sur une meilleure narration…

A propos de l'auteur

Journaliste