Equipe:
Durée: 94‘
Genre:
Date de sortie: 29/04/2003
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Paul et Charlotte ont vingt ans et s'aiment. Un jour, elle fait des examens et ils apprennent qu'elle est gravement malade et a un vilain cancer des poumons. A Paris, où elle est venue pour subir de pénibles examens, Charlotte retrouve sa cousine Ninon, qu'elle n'a pas vue depuis plusieurs années. Rapidement Paul va être attiré par cette jolie fille pleine de vie qui respire la santé et la sensualité. Comme une fuite face au drame, une histoire d'amour brutale et charnelle va naître entre eux. Charlotte le sait et va s'accrocher. Désormais elle va se battre, à la vie, à la mort.

Notre critique:

A moins de revenir d’un long exil en Patagonie, les chances sont pour ainsi dire nulles de ne pas avoir entendu parler de ce film tant les magazines plus ou moins inutiles n’ont cessé de fleurir leurs pages et leurs couvertures avec le joli minois de la jeune fille qui a le rôle principal. Bon, pour les lecteurs ermites ou distraits rappelons que la donzelle est la fille d’un célèbre chanteur belge qui répond au pseudonyme de « Johnny » et que sa maman est une jolie actrice dont le nom orne l’affiche du dernier Spielberg (et ne fait pas bailler). Voilà c’est dit, passons à autre chose, le film donc…

Comme en guise de premier long métrage il est préférable de faire dans le sérieux, surtout après une Palme d’Or et un César, Xavier Giannoli, qui pourtant s’était fait remarquer avec un court (L’INTERVIEW) plutôt souriant, cette fois-ci a décidé d’adapter le roman de Christian de Montella sur lequel il a paraît-il longuement médité. De quoi s’agit-il? Une jeune fille qui souffre d’un cancer et semble n’avoir pour unique centre d’intérêt son petit copain, voit cette maladie provoquer en elle un effet contradictoire de rejet et de besoin de réconfort auprès de celui-ci.

Peur de mourir, douleur de la maladie, et instinct de survie, comme le tout pourrait paraître un peu trop simple et binaire, ouf, coup de bol, une tierce personne arrive dans la vie du couple comme un cheveu sur la soupe, pour y ajouter au cas ou, une louche de compliqué et d’injustice. C’est Ninon, la cousine, censée représenter la vie et la bonne santé face au corps malade de Charlotte. Du coup, nous voilà rassurés. Puisqu’en plus de l’ambiance sinistrose de l’hôpital et des examens médicaux filmés façon documentaire détaillé, on a droit aussi à de violents accès de jalousie et de superbes crises névrotiques, le tout agrémenté de scènes de sexe bien crues, supposées douloureuses et frénétiques. Ah j’oubliais, le tout joué bien sûr par de jeunes acteurs, beaux et torturés, mais surtout très courageux et prêts à tout pour être estampillés « révélations de l’année ».

Stop! Mais pour qui prend-on le spectateur? LES CORPS IMPATIENTS ressemble à une caricature de premier film français qui se regarde le nombril. Violence pleurnicharde, ambiance glauque et malsaine, plans appuyés jusqu’à l’impudeur, voyeurisme et indécence de pacotille, le tout filmé en DV par un jeune réalisateur qui ne cesse de lorgner vers un style radical et réaliste façon Pialat relevant plus du maniérisme poncif que de l’innovation. La petite Smet a beau exhiber son crâne rasé sous tous les angles et le jeune Duvauchelle nous gratifier de ses tatouages dorsaux entre deux charnels et violents corps à corps, on est impatient que ça se termine. Ennuyeux, agaçant, prévisible, mais certainement pas « frémissant et organique » comme certaines têtes bien pensantes s’accordent à le dire. Et puis quoi encore!

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Journaliste

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