Equipe:
Durée: 94‘
Genre:
Date de sortie: 09/12/2003
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

C'est l'histoire d'un type qui cherche ses clés de bagnole...

Notre critique:

Ben quoi c’est tout? Remarquez si on se réfère au dossier de presse aussi consistant que le pitch de ce film, il faut croire que la chose est sérieuse puisque selon un rapport scientifique, une personne qui conduirait pendant 60 ans (est-ce bien raisonnable d’ailleurs?) passerait 23 jours de son existence à courir après ses clefs de bagnole. Ben vvoouuii! Remarquez, étant super organisée et pas bordélique pour un sou, c’est le genre de truc qui risque pas de m’arriver vu que je n’ai pas le permis de conduire. On s’en fiche pas mal et ce n’est pas le sujet me direz vous. En effet, tout comme monsieur Baffie qui semble avoir plus que jamais pour devise « C’est pas parce qu’on à rien à dire qu’il faut fermer sa gueule », se fout pas mal de son fichu trousseau de clefs et encore plus de la poche gauche de son pantalon dans laquelle il les a mises.

Oui, mais voilà, n’est pas Audiard qui veut! Après les caméras cachées, les sketchs potaches et une carte d’invité permanent à une grosse émission people du petit écran, Laurent Baffie a décidé d’assumer sans complexes, le fait d’avoir trouvé l’idée la plus nulle et stupide de l’année en guise de prétexte pour faire son film. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, non content de jouer aux apprentis réalisateurs, le trublion d’Ardisson se paye également le luxe d’y faire l’acteur mais aussi de casser sa tirelire pour produire et financer son « gros délire » cinématographique vu qu’en huit ans de recherches personne n’a voulu miser un kopeck dessus. Si ses dons artistiques sont plus que discutables, en revanche, pas de doute, le bonhomme est futé et sa méthode pour attirer le tout-Paris dans son film et le chaland dans les salles (« N’y allez pas, c’est une merde! ») est particulièrement habile.

Ainsi, jouant à fond la provocation, Baffie s’offre un pré-générique avec un casting digne de la cérémonie des Césars (c’est fou le nombre de rencontres qu’on peut faire sur les plateaux de télé). De la crème des producteurs, au gratin des acteurs français, en passant par tout ce que peut contenir la grande marmite du show-biz hexagonal, il fait le tour des popotes et arpente les chics trottoirs parisiens, proposant à tout ce joli petit monde de tourner ou d’investir dans sa fausse vraie idée débile, tendant à chacun fouet et bâton pour se faire battre, et par la même occasion se dédouaner assez lâchement de la responsabilité des 90 minutes qui vont suivre. Car une fois cette amusante récréation passée, il faut bien l’avouer, LES CLEFS DE BAGNOLE sombre rapidement dans le grand n’importe quoi pas toujours du meilleur goût ou de la plus grande légèreté.

Appliquant le principe du film dans le film, recourant à la mise en abyme systématique, à grand coup de vannes absurdes et de scènes de je-m’en-foutisme volontaires, Baffie a beau aligner et dénigrer dans un joyeux bordel toutes les ficelles, codes et recettes du métier, son « gloubiboulga » cinématographique cale très très vite et n’est pas loin de frôler l’indigeste. En cette période de fin d’année où ripailles et libations excessives nous guettent, sommes-nous prêts à oser en rajouter une louche? Caprice ou canular, quoi qu’il en soit si le succès est loin d’être dans la poche. Avec ces CLEFS DE BAGNOLE, Laurent Baffie s’est sûrement offert pour Noël un gros jouet.

A propos de l'auteur

Journaliste

Journaliste