Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 30/12/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Serge Perrin a 24 ans. Il l'a toujours dit, sa vie sera grande et loin d'être banale. Pourtant à son âge, il n'est pas encore très avancé dans sa vie. Sa dernière lubie, être acteur, l'enlèvera à sa province pour le voir échouer à Paris sans travail, logement, ni argent. Sans baisser les bras, bourré d'énergie et d'imagination, il va réussir à exister, à briser les chaînes du silence qui l'entoure. Quand il pousse les portes du commissariat, il aura tout répété. Il connaîtra les moindres détails de l'odieux massacre du taximan relatés dans la presse de la veille. Il se livre avec, finalement, un rôle, un boulot, une fierté. Serge est devenu un assassin...

Notre critique:

Second long métrage pour le cinéma, LES AVEUX DE L’INNOCENT est un film basé sur un fait divers réel. Jean-Pierre Améris, le réalisateur, aurait pu tourner une tragédie contemporaine, une critique sociale acerbe. Il n’en est rien. Le cinéaste a pris la tangente de l’absurde voire du loufoque.

Un personnage, en marge de la réalité mais néanmoins représentatif d’une jeunesse qui a laissé une place au rêve. Le rêve d’une vie peu banale. Sans vouloir être star ou crouler sous l’argent, elle veut vivre de ses rêves ou, plus simplement, devenir quelqu’un. Elle veut la reconnaissance de ses pairs, être le héros de sa propre aventure, être un “je” majestueux avec la fierté qui l’accompagne. Telle est la représentation du personnage de Serge, un grand adolescent au regard d’enfant et aux envies ludiques. Bruno Putzulu, remarqué dans L’APPAT de Betrand Tavernier, campe ce meutrier malgré lui de manière très simple et efficace. Ce grand enfant se retrouvera face à un flic et un juge, respectivement Jean-Fraçois Stévenin et Michèle Laroque, tous deux impeccables. Ceux-ci bousculent d’ailleurs l’habituelle image télévisuelle où le suspect doit toujours se débattre pour prouver son honnêteté. Ces représentants de l’ordre sont les seuls à croire en une potentielle innocence de notre anti-héros.

Derrière la caméra, on retrouve Jean-Pierre Améris (LE BATEAU DE MARIAGE) avec plaisir. Affichant une réelle volonté de dédramatiser son film et de le recentrer sur un personnage porte-drapeau d’une génération de rêveurs, le réalisateur nous a concocté un film bien sympathique. Louvoyant entre les genres, le cinéma d’Améris est tout sauf triste. Vivant serait probablement le terme le plus approprié à son style. Le cinéaste nous fait aimer ses personnages et ne les colore pas en blanc et noir comme autant de balises offrant une identification trop aisée pour le public. Il nous laisse juge d’une action perpétrée par un homme poussé par sa seule envie d’exister. A qui la faute? Il ne dresse pas un portrait simpliste d’une société coupable mais essaie de comprendre et de s’attacher aux motivations de Serge. Améris s’est investi dans ce personnage, l’a senti et l’a voulu tel que certains l’aimeront et d’autres pas. Alors ne dénigrez pas le potentiel d’affection que suscite le film et allez juger sur péllicule!

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Journaliste