Equipe:
Durée: 105‘
Genre: Drame
Date de sortie: 15/11/2005
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Paris, années 1980. Un homme libéré de prison est rejeté par sa femme. Une violente dispute s'engage sous les yeux de leurs trois filles, témoins du drame qui s'ensuit.
Paris, de nos jours. Sophie, Céline et Anne, les trois soeurs maintenant adultes, vivent chacune leurs vies. Jusqu'au jour où un jeune homme, Sébastien, entre en contact avec Céline et lui fait une surprenante révélation...

Notre critique:

Après l’excellent NO MAN’S LAND, sur une idée originale de trilogie « le paradis, l’enfer,le purgatoire » de Krzysztof Kieslowski et une adaptation du scénariste de ce dernier, Krzysztof Piesiewicz, Danis Tanovic nous délivre un film très abouti, traitant avec subtilité des questions existentielles qui nous taraudent les uns les autres: qui sommes-nous? quelle est l’histoire familiale? quels mensonges avons-nous vécus? quel sera notre destin?

Pour que ces thèmes ne deviennent pas encombrants, pédants, il fallait une mise en scène fluide, jouant beaucoup avec les fondus enchaînés entre les différentes histoires des protagonistes pour tisser les liens entre eux. En jouant aussi sur les symboles (les regards vers le plafond, le ciel ou la marelle par exemple) au lieu d’asséner de longs dialogues inutiles, Tanovic rend l’ensemble plus léger, plus intuitif, parlant souvent à nos sens (par les couleurs, la musique) plutôt qu’à notre raison.

L’ENFER est véritablement une expérience psychanalytique dans le bon sens du terme. Le traumatisme subit par les filles dans leur jeunesse les a handicapées à vie dans leurs rapports affectifs et les a rendues inaptes à l’amour… Les trois soeurs vivront même des situations miroirs de leur jeunesse (Sophie vit la même situation que sa mère) n’échappant pas à un destin venu du passé. Elles ont toutes des problèmes avec les hommes, grands absents du film, personnages souvent lâches…

Pour ce deuxième long-métrage, Danis Tanovic confirme tout son talent, montrant par moment des cotés d’un Zulawski (L’IMPORTANT C’EST D’AIMER) ou d’un Polanski (REPULSION), dirigeant son film comme une partition musicale endiablée mais toujours simple et claire.

Enfin, et sans jeux de mots malheureux, le casting est d’enfer! Tant sur le plan de la qualité des interprètes féminines (Marie Gillain, Emmanuelle Béart et Karin Viard) que sur les rôles à contre-emploi (comme celui de Carole Bouquet ou de Guillaume Canet), L’ENFER offre au spectateur une palette de talents alliés à beaucoup de charme… C’est sans conteste un plus pour un film dont la richesse de la mise en scène et la qualité du scénario méritent que l’on fasse incontestablement le détour par le cinéma le plus proche!

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...