Equipe:
Durée: 70‘
Genre:
Date de sortie: 03/03/2015
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Depuis l’enfance, j’ai eu la chance de traverser deux mini dépressions de bonheur et j’attends, tout à fait serein, la troisième. Ça me suffit pour croire en une certaine beauté de la vie et avoir le plaisir de tenter de la filmer sous toutes ses formes: arbres, animaux, dieux, humains... et cela à l’heure où l’amour est vif.
L’innocence, le cinéaste en a perdu une partie. C’est si délicat à repérer autour de soi, si difficile à ne pas perdre au tournage. Ma reconnaissance va à ceux que vous regarderez à l’écran.
Pour tenir tête au temps, j’ai une parade qui est de fouiller dans mon stock d’émotions et d’images anciennes. Non pour retrouver ce qui ne reviendra pas mais pour deviner dans l’hiver les signes du printemps. Cela permet de recommencer encore une journée d’un pas aisé.

Notre critique:

L’auteur de THERESE (film palmé et césarisé), Alain Cavalier, a toujours eu un penchant avoué pour les documentaires après avoir débuté sa carrière par un cinéma plus traditionnel.
Se débarrassant de plus en plus de toute la technicité qui empêche l’auteur qu’il est de trouver l’essence de son art, il filme au plus près les acteurs de ses fictions documentarisées comme PATER, avec Vincent Lindon.
Si cette tentative d’épuration de son art est tout à fait louable (et même très intéressante), il semble par contre qu’avec LE PARADIS, Cavalier soit parti ici dans une direction que lui seul comprend et appréhende, car au fil des minutes de film qui s’égrènent, il faut bien reconnaître que le spectateur se demande ce qu’il est venu faire là.
Car même si les métaphores visuelles avec les objets, les lieux ou les animaux tentent d’amener le spectateur sur une (peut-être) réflexion sur le (peut-être) paradis, ou sur (peut-être) la religion, LE PARADIS est, à l’image de la voix off de Cavalier tout au long du récit (mais y-en-a-t-il un?) un film ‘surplace’ impossible à suivre et encore moins possible à comprendre même avec toute la bonne volonté du monde.

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...