Equipe:
Durée: 118‘
Genre:
Date de sortie: 10/06/2003
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Qui a tenté de tuer Mlle Stangerson, la fille du célèbre professeur distrait et farfelu? Mais surtout, par où l'assassin a t'il pu s'enfuir de la fameuse chambre jaune où elle se reposait? Fermée à clef de l'intérieur, personne n'a pu logiquement y entrer ou en sortir. Pour élucider ce mystère, les plus fins limiers accourent des quatre coins de l'hexagone au château du Glandier afin d'épauler le fameux inspecteur Larsan aux méthodes assez étranges et intuitives. Jeune reporter plein d'ambition et de sagacité, Joseph Rouletabille se rend lui aussi sur les lieux pour mener l'enquête. Assisté de Sinclair, son fidèle photographe et persuadé que pour résoudre cette énigme il suffit de la prendre par le "bon bout de la raison", l'intrépide journaliste va s'efforcer de faire la lumière sur cette incompréhensible affaire.

Notre critique:

Une boule d’acier sortie d’on ne sait où et qui après avoir emprunté les rigoles d’un appareil loufoque et déclenché toute une série de mécanismes farfelus, part finir sa folle course sur le toit d’un train miniature sillonnant un pré donnant sur une immense campagne embrumée. Succession d’engrenages fantaisistes, d’enchaînements fantasques et de chemins ludiques, à l’instar du parcours de cette petite boule qui ouvre le générique du film, cette nouvelle adaptation du célèbre roman feuilleton de Gaston Leroux (père également du Fantôme de l’Opéra et de Chéri-Bibi) est une drôle de machine facétieuse et bien huilée.

L’un derrière la caméra (Bruno qui fait également office de narrateur et s’offre même ici un petit rôle), l’autre devant (Denis qui prête ses traits juvéniles au célèbre journaliste), pour leur 5ème collaboration les frères Podalydès sans pour autant dénaturer le charme et l’esprit de ce classique de la littérature populaire, restent fidèles à leur marque de fabrique tout en multipliant les clins d’oeil à leurs passions et leurs influences. En choisissant de transposer cette histoire en plein coeur des années folles et d’y écarter l’esprit romanesque et ténébreux de Leroux au profit d’une « ligne claire », Bruno Podalydès s’offre ainsi la liberté d’y inclure les mythes qui lui tiennent à coeur: une pincée de surréalisme, une bonne dose de référence à l’oeuvre de Hergé et à Tintin (dont il est un grand admirateur), un hommage au cinéma muet ainsi que l’empreinte en forme de dédicace à Alain Resnais qui ne cesse de planer. Comme dans ses films précédents, on retrouve ici ce ton naïf et enfantin qui a tendance à vouloir lui faire prendre chaque chose au pied de la lettre pour mieux la tourner en burlesque, ainsi qu’une galerie de personnages décalés et atypiques à souhait, évoluant dans un univers truculent et quelque peu désuet.

Ce mélange curieux de tragi-comédie, de péripéties rocambolesques et d’élucubrations en forme de devinettes donnent à cette nouvelle version du MYSTERE DE LA CHAMBRE JAUNE un petit côté suranné et bon enfant jubilatoire. Malgré quelques longueurs et le ton boulevardier assumé de la joyeuse troupe d’acteurs qui a parfois tendance à badiner un peu trop, cet imbroglio policier n’a rien perdu de son charme ni de son éclat. Toutefois on espère un peu que pour la suite de ce volet qu’il souhaite également adapter, Monsieur Podalydès saura se réapproprier avec malice l’ambiance sombre et inquiétante du PARFUM DE LA DAME EN NOIR, histoire de nous rappeler nos jeunes années…

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Journaliste

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