Equipe:
Durée: 101‘
Genre:
Date de sortie: 02/10/2001
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Un jour, Christelle est soudain prise de peur panique devant son bébé. Elle disparaît. Son mari, Laurent, la cherche partout, interrogeant père, mère, soeur, amis. Que s'est-il passé ? Où est-elle ? Elle est tout près. C'est la voisine du dessus qui l'a recueillie. Elle l'écoute, prend soin d'elle. Sa vie en sera bouleversée. La disparition de Christelle dévoilera en effet à chacun la vérité de ses amours, et le chemin de la tendresse retrouvée.

Notre critique:

Un femme pète les plombs, elle quitte son domicile en laissant un nouveau-né, deux enfants et un mari derrière elle. Baby-blues ? Absence d’amour ? Besoin de liberté ? On ne saura pas les cause réelles de ce départ, de cette fuite vers l’oxygène d’une relation qui s’est probablement tassée aux fils des années… Cet événement tragique dans ce qu’il peut avoir de plus banal sert de point de départ à toute une série de vérités sur la nature humaine, sur ses certitudes comme sur ses doutes. D’ailleurs dans la vie tout ne tourne-t-il pas autour de la vérité ! Notre quotidien ne pourrait-il pas basculer si on omettait pour une raison ou l’autre de dire vrai ou si au contraire on oubliait de (se) mentir…

Si LE LAIT DE LA TENDRESSE HUMAINE prend racine dans l’histoire d’un couple, le film brosse le portrait d’une petite dizaine de personnages figés par la disparition de cette femme. C’est une fiction tendre sur le besoin que nous avons de nous rendre malheureux, sur le fait que l’humain ne peut pas se battre continuellement, sur le temps qui passe et nous permet d’accepter d’être dépendant de quelqu’un ; c’est un film aussi sur les petits plaisirs comme les odeurs, les ricochets sur l’eau, les enfants, leurs regards, sur les gens, ceux qui ont le coeur à rire et les autres qui l’ont à pleurer…

Dominique Cabrera et la scénariste Cécile Vargaftig ont tout à la fois remarquablement cerné la complexité humaine et conservé quelques petites craquelures pour faire de ce petit lait une oeuvre joliment creuse que l’on investit de nos propres expériences, peurs ou désirs. Ça parle de refuges (le silence), ça parle d’entraide, ça parle d’espoir au quotidien, ça parle de nous!

Le seul et unique bémol se situe dans certains accents de mise en scène. Ce bel ouvrage, dont les producteurs exécutifs sont les frères Dardenne, présente une réalisation sporadiquement secouée, où la caméra à l’épaule est utilisée dans un contexte qui ne le demande pas. Mais que cette broutille ne vous empêche pas de savourer ce beau moment, fort en émotions introspectives et adultes où les acteurs brillent de mille feux. Patrick Bruel est incroyablement touchant dans ses silences et ses interrogations face à une progéniture qui ne demande que des réponses. Mais aussi Dominique Blanc, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Valeria Bruni Tedeschi, Sergi Lopez tout comme la splendide Marylin Canto. Tous prouvent que cette fiction proche des hommes n’est pas le fruit d’un travail de technicien, mais bien celui d’êtres humains sensibles et unis dans leurs interrogations.

A propos de l'auteur

Journaliste