Equipe:
Durée: 120‘
Genre:
Date de sortie: 09/12/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Lagardère prend sous sa cape Aurore, fille de son ami Philippe de Nevers, lâchement assassiné par son cousin Gonzague qui convoitait sa fortune. Accusé à tort des ignominies commises par le cousin, Lagardère a bien l'intention de venger la mémoire de son ami et de rendre à Aurore la place et la fortune dues à son rang.

Notre critique:

Un film de cape et d’épée, cela faisait depuis LA FILLE DE D’ARTAGNAN de Bertrand Tavernier que nous n’en avions plus vus. Et auparavant, ouh, … il vaut mieux ne pas compter, histoire de ne pas prendre un subit coup de vieux. Le fait est que LE BOSSU alias Lagardère est de retour sous les traits de Daniel Auteuil après ceux de Robert Vidalin (René Sti, 1934), Pierre Blanchar (Jean Delannoy, 1944) et surtout Jean Marais (André Hunebelle, 1959).

Confier la chose à la pétulance de Philippe de Broca semblait être de bon aloi. Difficile de ne pas avoir un élan de youplala en repensant à L’HOMME DE RIO, au MAGNIFIQUE, et à CARTOUCHE.

Las, c’est oublier que les 65 balais de de Broca et ses trop rares derniers passages derrière la caméra ne lui permettent peut-être plus de pétuler comme par le passé. Et effectivement, LE BOSSU n’est qu’à moitié réussi.

Il souffre du même mal que bon nombre de productions américaines qui assurent leur quota de morceaux de bravoures en négligeant de serrer les boulons du scénario. En l’occurence, les combats à l’épée sont nombreux et pour la plupart allègrement troussés. Par contre, la progression de l’histoire souffre de trous, d’ellipses et d’à-peu-près pénibles (l’attaque de la noce, l’échappée de Lagardère, le revirement sentimental d’Aurore, …). Clairement, on attend du spectateur qu’il passe au-dessus de ces scories pour se rallier à l’aspect épique du récit et à l’impétuosité de l’interprétation. Il est vrai que de ce côté, Daniel Auteuil retrouve une joie d’interpréter qu’on ne lui avait plus connue depuis belle lurette et qu’il partage de toute évidence avec Vincent Pérez qui semble s’amuser lui aussi énormément. La palme revient tout de même à Fabrice Luchini qui, dans le rôle de Gonzague, trouve le support à quelques traits hautement farcicoles (« Assez de manières. Soyons modernes! »).

Si l’originalité n’est pas au rendez-vous et si la manière, excepté par ses défauts de scénario bien trop d’actualité, semble d’un autre âge, LE BOSSU peut tirer avantage de la nostalgie envers un type de cinéma révolu qui a enchanté les samedi soirs télévisés de notre enfance.

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Journaliste