Equipe:
Durée: 105‘
Genre:
Date de sortie: 14/12/1999
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Solange est contractuelle dans une petite ville de province anonyme. La journée, elle verbalise des automobilistes indisciplinés qui se vengent en l'injuriant copieusement. Le soir, elle écoute son mari, Patrick, rêver de la maison qu'ils construisent. L'existence de Solange bascule le jour où elle retrouve son amie d'enfance, Mylène, devenue star à la télévision parce qu'elle y présente la météo! Solange réalise brutalement qu'elle s'est trompée de vie. Et décide, coûte que coûte, d'en changer.

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Notre critique:

Présenté à la quinzaine des réalisateurs de Cannes 1999, LE BLEU DES VILLES est le premier long métrage de Stéphane Brizé. Le jeune réalisateur signe également le scénario, en collaboration avec l’actrice principale, Florence Vignon. Le film a reçu le prix Michel d’Ormano du meilleur scénario.

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L’histoire nous touche tous, car elle s’appuie sur les regrets et les frustrations enfouis au plus profond de nous-mêmes. Solange, aveuglée par la facilité routinière, s’aperçoit soudainement de sa méprise. Son destin, elle veut le prendre en main. Stéphane Brizé et Florence Vignon mettent en scène la rébellion quotidienne de cette femme qui, du jour au lendemain, largue les amarres et se lance dans l’inconnu, avec la fougue et la naïveté de la passion.

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Dommage que le scénario verse parfois dans la facilité, caricaturant un peu vite certains personnages secondaires ou jouant sur des réactions trop prévisibles. On n’atteint pas, hélas, la force des films sociaux britanniques. Mais, heureusement, on s’en approche grâce à l’interprétation extraordinaire de Florence Vignon, qui incarne avec retenue une femme déchirée entre son passé raté et son futur hypothétique. L’actrice adopte un ton juste. Elle traduit la détresse de Solange à travers tous ses mouvements et oscille avec naturel entre la détermination la plus aveugle et le désespoir le plus intense. Chapeau bas.

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LE BLEU DES VILLES n’est pas parfait, il a le mérite d’être franc. Et surtout, il dresse un portrait de femme émouvant, très proche de nous.

A propos de l'auteur

Journaliste