Titre français: Les Affinités Electives

Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 29/04/1997
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

La comtesse Charlotte et le baron Edoardo se retrouvent après de nombreuses années de séparation. Leur attirance mutuelle n'a rien perdu de sa force, et ils décident de se marier. Pour consommer leur union, ils se retirent dans un domaine, au coeur de la campagne. Leur retraite ne dure pourtant pas longtemps. Edoardo invite Otton, un ami architecte, à qui il demande de réaménager la propriété. La comtesse propose à Ottilie, sa fille adoptive, de vivre avec eux. Ce couple d'intrus va faire basculer la vie des jeunes mariés. Tandis que Charlotte s'éprend d'Otton, le baron tombe amoureux fou d'Ottilie.rn

Notre critique:

L’histoire, adaptée de Goethe, rassemble quatre personnes dans un manoir isolé: deux femmes attirantes et deux hommes sensibles. Elle applique, à la lettre, le principe des affinités électives: « deux substances mises en présence l’une de l’autre ont tendance à échanger leur partenaire. » LES AFFINITES ELECTIVES, le nouveau film des frères Taviani (FIORILE), est classique et sans grande ambition scénaristique.rn

La forme et le jeu des acteurs l’emportent d’ailleurs sur l’originalité du propos. L’image et la mise en scène sont dépouillées, simples et naturelles. Le son, doublé, comme dans la plupart des films italiens, se distance du visuel. Un contraste qui choque de prime abord, mais qui, bientôt, agrippe notre attention et nous entraîne dans un film où les sentiments sont exposés de manière brute, voire brutale (ce qui ne signifie pas violent, car l’ensemble du film est plutôt doux-amer). LES AFFINITES ELECTIVES est une romance mélancolique, aux accents déprimants, qui analyse, en prenant son temps, les sentiments humains. On peut même y voir pointer l’ombre furtive d’une critique sociale, grâce au personnage de la petite domestique.rn

La distribution du film est attrayante. On retrouve quatre acteurs en pleine forme, qui s’appliquent et prennent leur temps pour donner consistance à des personnages convenus mais intéressants. Les admirateurs de Isabelle Huppert, Marie Gilain (qui confirme son talent) et Jean-Hugues Anglade ne seront pas déçus de leur prestation. Quant aux curieux, ils pourront découvrir Fabrizio Bentivoglio, un charmeur italien peu connu de ce côté-ci des Alpes…rn

LES AFFINITES ELECTIVES ne plaira pas à tout le monde. Il n’est pas toujours facile à appréhender. Il vous faudra même engager une certaine énergie pour vous investir dans l’histoire. Ceci dit, pour ceux qui l’ont, il en vaut la peine.

A propos de l'auteur

Journaliste