Equipe:
Durée: 158‘
Genre: Drame
Date de sortie: 06/03/2007
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Dans le château des Chatterley, Constance coule des jours monotones, enfermée dans son mariage et son sens du devoir ?
Au printemps, au cœur de la forêt de Wragby, elle fait la connaissance de Parkin, le garde-chasse du domaine.
Le film est leur histoire.
Le récit d’une rencontre, d’un difficile apprivoisement, d’un lent éveil à la sensualité pour elle, d’un long retour à la vie pour lui.
Ou comment l’amour ne fait qu’un avec l’expérience de la transformation.

Notre critique:

Récompensé plusieurs fois aux César, le film de la réalisatrice Pascale Ferran est l'adaptation du célèbre roman du britannique D.H. Lawrence. Ce roman sulfureux du début du 20e siècle nous a déjà valu quelques adaptations porno-soft et peu intéressantes (notamment celle de Just Jaeckin avec Sylvia -EMMANUELLE- Kristel) et même une adaptation de Ken Russell himself…

Disons-le d'emblée, Pascale Ferran, même si elle s'autorise quelques scènes de nudité crues bien assumées par l'excellente interprète Marina Hands (qui a eu -à juste titre- le César de la meilleure actrice pour sa prestation), a choisi la voie de l'intellectualisation plutôt que celle des images chocs. Avec ses intertitres, ses images contemplatives, on ne peut pas dire qu'elle a fait oeuvre d'une cinématographie très innovante et très moderne. Au lieu de cela, sa mise en scène se révèle classique renforçant l'aspect fidèle de l'adaptation et ne fait que confirmer le côté suranné de l'oeuvre née dans une époque où regarder un homme torse nu correspondait à tromper son mari…

Si D.H. Lawrence avait, à l'époque (avant les années 1930), eu le mérite de bousculer un monde engourdi, de mettre en avant une forme de féminisme libérateur (la femme assumant une sexualité libre, parfois même dénuée de sentiments amoureux) et de faire des liens entre idéologie et sexualité, Pascale Ferran et ses co-scénaristes se contentent hélas d'une transposition fidèle du roman sans invention, sans tentative de modernisation ou d'adaptation des thèses de Lawrence dans notre 21e siècle.

Certains trouveront donc cela méritant (il est vrai que faire une bonne adaptation est souvent difficile) mais on peut surtout trouver cela regrettable car une transposition moderne aurait certainement permis d'ouvrir l'oeuvre de Lawrence aux plus jeunes. Au lieu de cela, il y a fort à parier que les cent cinquante huit minutes de film aux images statiques risquent de rebuter plus d'un spectateur… Et ce n'est pas le César du meilleur film qui changera cet état de fait!

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...