Equipe:
Durée: 110‘
Genre:
Date de sortie: 24/07/2001
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Au milieu des tours d’une banlieue sordide de la région parisienne Désirée, jeune adolescente d’origine africaine, vit seule avec sa mère. Entretenant le culte d’un père caïd légendaire du quartier qu’elle n’a jamais connu, elle est ce que l’on appelle « une squale » dans le jargon codé du milieu. Look androgyne, rebelle et violente, la loi du talion est sa règle et l’agressivité son arme pour exister et affronter le machisme ambiant qui règne dans la cité. Sa rencontre avec Toussaint, dealer et chef de bande à l’origine d’un récent viol collectif, va lui faire à la fois découvrir les sentiments amoureux mais aussi les ravages de la domination masculine dans cette jungle urbaine.

Notre critique:

Phénomène de mode, modèle de rébellion ou encore symbole de la culture alternative, dans les années 90 le thème de la banlieue et des ses cités a connu ses heures de gloire au cinéma. Les  têtes bien pensantes de la  » sérieuse  » revue Les Cahiers du Cinéma allant même jusqu’à qualifier le genre naissant de  » banlieue-film « , c’est pour vous dire… Naïf, esthétisant, révolté, dénonciateur, dans le domaine le pire a côtoyé le meilleur et notamment permit à des jeunes réalisateurs comme Mathieu Kassovitz (LA HAINE), Thomas Gilou (RAI) ou encore Jean-François Richet (ETAT DES LIEUX, MA 6T VA CRACK-ER) de se faire les dents avant de prendre la tangente pour certains ou de tourner en rond pour d’autres. Pendant que les caméras fleurissaient sous les HLM des cités-dortoirs, c’est plutôt du côté de l’Antarctique que Fabrice Genestal rêvait d’aller promener la sienne. Pourtant le projet de documentaire sur la communauté scientifique et les maladies comportementales de ce jeune prof de français restera bien au chaud au fond d’un tiroir. Partant du constat que les filles sont souvent absentes des films de banlieue ou reléguées au rang de potiches, il va délaisser le sort de la banquise au profit de celui des  » amazones  » de sa cité de Sarcelles.

De part son réalisateur et de part son point de vue 100% féminin voire féministe, LA SQUALE est donc doublement un 1er film. Si le côté inédit de l’idée semble séduisant sur papier en revanche dès les premières images (une très pénible scène de viol collectif), on redoute de tomber dans un énième avatar du genre, version musclée et radicale format cinémascope. Sempiternelles histoires et folklore du milieu (drogue, violence, racket, délinquance…), accumulation et description de faits-divers relatifs au sujet, pas un cliché ne manque au catalogue des drames des ghettos urbains. A trop vouloir dénoncer le mal des banlieues à grands coups d’authenticité (tous les acteurs étant des non-professionnels) et de véracité, son réalisateur tombe dans le panneau de la caricature douteuse et racoleuse. Celle-là même que recherchent les médias en manque de sensation pour son côté vendeur alors que sur le terrain des anonymes se démènent pour combattre cette représentation bourrée de clichés et de préjugés. Sans doute par manque de recul et d’impartialité, ce film malgré lui bascule dans une vision simpliste et démagogique donnant une fois de plus de l’eau au moulin de ses adversaires. Maladroit et bancal, vidé d’une quelconque analyse, ne risque-t-il pas non plus d’être perçu comme un hymne par son public ?

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Journaliste

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