Equipe:
Durée: 124‘
Genre:
Date de sortie: 09/01/2001
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

A l'âge de 18 ans, Aïcha épouse Saïd. Elle vit à Djerba, dans la maison de sa belle-mère. Son mari travaille à Tunis onze mois par an. La jeune femme ne se satisfait pas des traditions conservatrices dans lesquelles elle se sent comme emprisonnée. Elle propose de tisser des tapis pour payer son déménagement dans la capitale. Saïd pose une condition supplémentaire: la naissance d'un fils.

Notre critique:

Sept ans après LES SILENCES DU PALAIS, la réalisatrice tunisienne Moufida Tlatli revient sur les écrans avec LA SAISON DES HOMMES, un plaidoyer mûr et subtil pour la cause de la femme. Aïcha symbolise cette lutte de tous les jours contre les traditions ancestrales, ici stigmatisées par une belle-mère ultra-conservatrice. Aïcha est en quête perpétuelle d’amour et de liberté et est victime d’un destin qui ne lui épargne rien. Elle porte en elle la force nécessaire pour briser ses chaînes. Mais aussi l’immense douleur des sacrifices qu’il lui faut concéder.

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Comme dans son précédent film, la réalisatrice repose sa mise en scène sur les non-dits, les regards et les silences. Ce parti pris traduit à merveille l’intensité de ce combat permanent et l’énergie qu’il consumme. L’interprétation est à la hauteur: les acteurs maintiennent leur registre dans un équilibre précaire, entre un jeu renfermé fait de gestes et de poses et un jeu plus extériorisé qui éclate lorsque la pression sur les personnages est trop forte et que les sentiments refoulés rejaillissent brutalement en surface.

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LA SAISON DES HOMMES est un film chargé d’émotion sur une thématique toujours d’actualité. Ni son origine, ni son sujet ne doivent vous effrayer. Quand le cinéma parle ainsi des autres cultures, ce serait un tort de ne pas lui tendre une oreille attentive.

A propos de l'auteur

Journaliste