Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 08/10/1996
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Igor, un adolescent de seize ans, a toujours connu les combines de Roger, son père. Il vole innocemment, par habitude. C'est la mort d'Hamidou, un émigré clandestin, qui va lui faire prendre conscience de son immoralité. Il apprend alors à respecter l'autre, même s'il n'a pas la même couleur de peau...

 

Notre critique:

Projeté lors de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, LA PROMESSE a remporté le prix du meilleur Film d’Art et d’Essai. C’étaient là les prémices d’une carrière qui a marqué et marquera bon nombre de festivals de par le monde. Le voici enfin sorti sur nos écrans… rn

Avec ce troisième long métrage, les frères Dardenne rejoignent la cour des grands réalisateurs belges. Leur film, situé en pleine métropole wallonne, s’inscrit dans la grande tradition du cinéma social belge, au côté de DAENS, ANTONIA, etc. rn

Ancré dans le milieu ouvrier liégeois, LA PROMESSE l’analyse avec minutie et cruauté. Il en démonte scrupuleusement les rouages: la loi de la débrouille, l’arnaque du plus faible au mépris de tout sentiment humain. rn

Certaines scènes frisent les limites de l’insoutenable. Leur réalisme est criant de vérité. La mise en scène est crue. Les frères Dardenne nous emmènent dans les banlieues abandonnées, pourries par le coeur des hommes. On y parle de travail au noir et de prostitution. C’est la loi de la jungle et de l’argent. On dépouille les plus démunis, ceux qu’on fait passer illégalement en Belgique. rn

LA PROMESSE n’offre guère de portes de sortie aux spectateurs. Un sentiment d’étouffement vous envahit peu à peu : il n’y a pas d’issue. La société est malade, tout est noir. Et même si les deux réalisateurs gardent confiance en l’âme humaine, c’est sur le chemin de la prison que celle-ci trouvera sa rédemption. rn

L’image, aux gros grains, et la prise de vue, caméra sur l’épaule, accentuent le côté documentaire-fiction du film. Il faut rappeler que Jean-Pierre et Luc Dardenne ont fait leurs armes dans le reportage à la Manu Bonmariage (Striptease, vous vous rappelez?). Pas étonnant donc de retrouver cette marque de fabrique. Leur style hyperréaliste est à peine amoindri par quelques scènes aux éclairages plus colorés où prime l’esthétique. Heureusement, on peut reprendre son souffle.
Jérémie Renier joue la sincérité. Son air renfermé, coupable et victime à la fois, renforce le film. Ainsi que le jeu sans équivoque d’Olivier Gourmet, alias Roger, le père immoral. rn

Oui! LA PROMESSE est un électrochoc, une ballade infernale dont on ne se remet pas complètement. C’est un voyage dans un monde qui se trouve à deux pas de chez vous, et que vous ne soupçonnez même pas. C’est avec leurs tripes que nos deux liégeois osent dénoncer un « système » sur lequel on est en droit de s’interroger. Et même si la bonté réside dans le coeur des hommes, il faut la débusquer. Et si vous commenciez par aller voir ce film?

 

A propos de l'auteur

Journaliste