Titre français: La Fille De Tes Rêves

Equipe:
Durée: 121‘
Genre:
Date de sortie: 20/11/2001
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

1938, Guerre Civile en Espagne. L'industrie cinématographique est également divisée en deux camps opposés, notamment les studios de Madrid et de Barcelone qui restent fidèles à la République. Symbole de la collaboration entre le Général Franco et Adolf Hitler, l'Allemagne invite un groupe de cinéastes, qui sympathise avec le nouveau régime, à filmer deux versions (allemande et espagnole) de la comédie musicale andalouse LA NINA DE TUS OJOS, dans les studios de l'UFA à Berlin.

Notre critique:

Issu de la critique cinématographique, Fernando Trueba (CALLE 54) aborde son film avec les yeux d’un intellectuel. LA NINA DE TUS OJOS est une confrontation, celle d’artistes espagnols fuyant la guerre et se réclamant de la génération Franco au système de propagande hitlérien dans lequel rien n’est laissé au hasard. Ainsi naît l’élément burlesque, de l’opposition du tempérament fougeux du cinéma latino à la froide rigueur du nord. Mais les aspirations de Trueba sont toutes autres…

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Il nous entraîne en effet dans une spirale tragi-comique à la découverte de la face cachée du régime nazi. Il prend pour moteur la désillusion progressive de l’actrice principale, Macarena (interprétée par Penélope Cruz), quasi violée par Goebbels, ministre de la propagande allemande. Macarena découvre la valeur de la vie et met en danger l’ensemble de la troupe pour sauver la vie d’un juif russe rencontré sur le plateau.

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A ce stade, une parenthèse explicative s’impose… Si le scénario est efficace et juste, il soulève malgré tout une polémique (qui n’engage que moi, modeste critique, c’est pourquoi j’enfourche derechef la première personne!). J’éprouve un certain malaise à la vision de ce film. Ramener la lutte contre le nazisme au sauvetage d’un individu est un raccourci qui personnellement, me dérange. Macarena protège l’homme au mépris de l’équipe de tournage qu’elle met en danger et qui ne sera sauvée in extremis que par l’acte, héroïque celui-là, du réalisateur. L’action isolée et inconsciente de l’actrice espagnole manque de virer au drame. La lutte, la vraie, passe par l’organisation et l’éducation, puis la confrontation (un groupe organisé aurait pu sauver bien plus de juifs!). Il n’y a guère de place pour l’égoïsme dont fait preuve Macarena et le glorifier pourrait être dangereux.

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Mais fermons cette parenthèse et revenons au film.

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Que le propos de Trueba soit ou non le bon (chacun d’ailleurs le saisira suivant ses affinités), son film soulève au moins la question.

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Signalons la présence d’un casting de luxe, Pénélope Cruz en tête, parfaite dans un rôle d’ingénue, mais surtout un bon nombre de seconds couteaux excellents dont Antonio Resines qui bénéficie d’un magnifique personnage et Santiago Segura, presque plus discret qu’à son habitude.

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Un film à voir, et surtout, à méditer.

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A propos de l'auteur

Journaliste