Equipe:
Durée: 86‘
Genre: Comédie dramatique
Date de sortie: 05/07/2005
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Un beau matin, Marc décide de se raser la moustache qu'il portait depuis toujours. Alors qu'il s'attend à une réaction de la part de sa femme et de son entourage, personne ne remarque ce changement. Plus fort, tout le monde, y compris son épouse, semble avoir oublié qu'il a, un jour, porté une moustache...

Notre critique:

Il est suffisamment rare qu’un romancier adapte lui-même à l’écran l’une de ses oeuvres pour que cela soit important de le noter… C’est le cas ici pour LA MOUSTACHE, roman d’Emmanuel Carrère (à qui l’on doit notamment L’ADVERSAIRE, adapté par Nicole Garcia) qui signe donc sa re-transcription sur le grand écran pour un premier long métrage de fiction à la photographie soignée.

Si, a priori, la trame du récit semble véhiculer plus la farce ou l’humour qu’autre chose, force est de constater que Carrère réussit à créer drame et mystère à partir de ce fait minime. Il parvient ainsi à distiller, à partir des détails les plus anodins, un mystère touffu, dense et captivant qu’il maintient presque constant jusqu’à la fin…

Mais au-delà du mystère, le film est aussi une démonstration du fait que le silence est parfois bien plus meurtrier que la parole, et que le cerveau est un édifice fragile que l’on peut ébranler facilement, conduisant les protagonistes de ce drame dans une spirale psychotique. Si Agnès est persuadée que Marc est malade, la réciproque est vraie et chacun alimente la psychose de l’autre, surtout lorsqu’ils sont en vase clos.

Solide, courageux en laissant le spectateur sans explication aucune, LA MOUSTACHE doit beaucoup au couple très crédible formé par Vincent Lindon et Emmanuelle Devos qui parviennent, avec peu de dialogues, à faire passer l’essentiel du non-dit du scénario par les regards et la gestuelle…

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...