Equipe: Stéphane Brizé, Vincent Lindon
Genre: Drame
Date de sortie: 09/06/2015
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Sans emploi, Thierry Taugourdeau est à la recherche d’un boulot. Il a fait une formation de grutier mais qui malheureusement ne lui sert à rien car il n’a pas d’expérience de chantiers et personne ne veut prendre un grutier sans expérience. Il a donc perdu 4 mois et s’approche dangereusement d’un changement de statut de ses allocations de chômage...

Notre critique:

Un homme se fait mettre à la porte pour de mauvaises raisons. Il veut tirer un trait sur son passé et se relancer dans la recherche d’un emploi, mais est-ce si facile de garder la tête haute après ça? C’est en gros ce que Stéphane Brizé illustre dans LA LOI DU MARCHE, présenté au Brussels Film Festival cette année, un film entre documentaire pris sur le vif et fiction sociale.

Au travers de plans fixes, Stéphane Brizé laisse le temps à sa caméra d’explorer, d’observer minutieusement les relations des protagonistes, leur intimité, leurs hésitations, rendant ainsi extrêmement réalistes toutes les confrontations. Entre tranches de vie personnelle et morceaux choisis avec les différentes administrations, organismes et firmes privées, le film balaye largement tout le périmètre de la problématique qu’il aborde.

Si on peut reprocher au film son côté documentaire poussé et un peu âpre, LA LOI DU MARCHE est avant tout un constat implacable sur les travers d’une société mais aussi sur un homme qui, malgré ses difficultés, va tenter de conserver ses valeurs.

Primé pour sa prestation à Cannes en 2015, Vincent Lindon mérite complètement son prix d’interprétation tant il est ce Thierry pris entre deux feux, celui d’un boulot de vigile où il doit ‘fliquer’ les clients mais aussi  ses collègues pour diminuer les effectifs. Il est de tous les plans et porte littéralement tous ceux-ci sur ses épaules.

LA LOI DU MARCHE fait penser à d’autres films de docu/fiction comme ENTRE LES MURS. Si ce côté agacera certains qui estiment que le cinéma doit divertir avant tout, d’autres y verront sans aucun doute un témoignage au ras des êtres humains sur une société qui, hélas, ne rend pas les choses faciles.

Vous aimerez peut-être:

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...