Equipe:
Durée: 94‘
Genre:
Date de sortie: 24/04/2001
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

La vie amoureuse et sexuelle d'Alain, avocat quadragénaire pas très brillant, est un vrai sac de noeuds. Champion toutes catégories de l'hésitation et du "je ne sais pas ce que je veux", il collectionne les conquêtes féminines et masculines comme d'autres les médailles et se complait à nager la brasse coulée dans un véritable méli-mélo sentimental. Alors que lui prend l'envie d'épouser et de faire un enfant à Laurence, son associée mais aussi meilleure amie, le jeune frère d'une ex-maîtresse lui saute dessus et le voilà tiraillé par le choix cornélien d'une future épouse ou d'un jeune amant. Incapable de se décider, il aggrave son cas en fantasmant sur un jeune détenu dont il est chargé d'assurer la défense tout en cédant à la tentation de Babette, la fiancée de celui-ci.

Notre critique:

Un drôle de vent souffle ces derniers temps sur le cinéma français, sorte de brise cognative sur l’amour et le désir, teintée de foutoir sentimental que de temps en temps balaie une bourrasque de dialogues crus et décomplexés. Avec LA CONFUSION DES GENRES, Ilan Duran Cohen ne déroge pas à cette météo ambiante. Dix ans après un 1er film inconnu que désormais il renie et deux romans qui se sont taillés une jolie petite part de succès, il remet le cap vers ses premières amours et tente de nous faire plonger dans le genre marivaudage psycho-intimiste que bon nombre de réalisateurs semblent particulièrement affectionner ces derniers temps. Si certains axent plus le modèle vers l’absurde et la dérision tandis que d’autres préfèrent s’y risquer par la voie de la provocation et du pathétique, Ilan Duran Cohen lui ne se décide pour aucun de ces deux aspects. Tout comme Alain, son personnage principal, il oscille, hésite et tâtonne. Entre des moments franchement drôles, parfois absurdes et ridicules, des passages complètements cyniques, des scènes provocatrices, voire limite sordides, on ne retient de ce film qu’un mélange de genres confus et désordonnés qui, avouons-le, peut pas mal agacer. Ajoutons à cela des dialogues se voulant percutants (déformation de l’écrivain sans doute) qui n’ont souvent pour seul effet que de se perdre dans des bavardages interminables et inutiles qui, avouons-le aussi, font pas mal grincer des dents. Pour sauver cette embarcation qui prend l’eau, il faut cependant souligner le jeu et la performance des acteurs. Pascal Greggory en vieil adolescent attardé est exaspérant à souhait et on rêve de lui donner des claques (mais étais-ce le but recherché?). Et, au milieu des atermoiements sexuels et sentimentaux de ce dernier, on découvre une Bulle Ogier particulièrement remarquable en mère bourgeoise dépressive ou encore un Alain Bashung (un des rares à ne pas sombrer au vertige de l’amour) méconnaissable en vieux taulard résigné. Bref tout ce petit monde (très parisien) qui va, vient et s’agite dans tous les sens, pour pas grand chose donne le tournis et fatigue vite.

 
« Beaucoup de bruit pour rien » comme dirait Shakespeare.

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Journaliste

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