Equipe: Colin Firth, Léa Seydoux, Matthias Schoenaerts, Max Von Sydow, Thomas Vinterberg
Durée: 117‘
Genre: Drame
Date de sortie: 07/11/2018
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

KURSK relate le naufrage du sous-marin nucléaire russe K-141 Koursk, survenu en mer de Barents le 12 août 2000. Tandis qu’à bord du navire endommagé, vingt-trois marins se battent pour survivre, au sol, leurs familles luttent désespérément contre les blocages bureaucratiques qui ne cessent de compromettre l’espoir de les sauver.

Notre critique:

Après de nombreux projets personnels, voici que le danois Thomas Vinterberg s’est mis à réaliser une commande. Elle est issue d’Europacorp, en coproduction avec la Belgique et le Canada. L’histoire? C’est celle du Kursk, sous-marin russe qui a sombré au début des années 2000 en mer de Barents et dont les marins sont tous décédés sur place. C’était l’occasion pour Vinterberg de retrouver Matthias Schoenaerts, trois ans après FAR FROM THE MADDING CROWD.

KURSK fait partie de ces œuvres dont on connaît l’issue dès le départ. Ce n’est pas un secret, la Russie a géré toute cette histoire de façon déplorable et scandaleuse, ce qui est probablement la raison principale de la mort des marins qui avaient survécus à l’explosion ayant causé le naufrage du sous-marin. Quand l’issue finale est connue des spectateurs avant même le début du film, il faut pouvoir rendre tout cela attrayant. Le parti pris ici est de raconter l’histoire à travers quatre axes. Le premier, c’est celui des survivants, le second est celui des épouses et familles des victimes, le troisième est celui des autorités russes, militaires principalement et le dernier est celui d’instances militaires étrangères.

Ce qui a fait que les russes ont échoué dans leurs tentatives de sauvetage, c’est la vétusté de leur matériel. Ils le savaient, la communauté internationale le savait également. Ce que raconte KURSK, c’est comment les autorités russes vont tergiverser à propos de l’aide internationale. Comment ils vont vouloir garder la face alors qu’ils sont incapables de réaliser ce sauvetage malgré les nombreuses tentatives. Malheureusement, toutes les tentatives sont vaines. Il en résulte quelque chose d’assez insipide dont on se désintéresse relativement rapidement. Le sujet n’est pourtant pas inintéressant de base et, il y a de la matière pour rendre ça passionnant mais ce n’est pas assez exploité. Il manque carrément quelque chose pour dynamiser tout cela.

Thomas Vinterberg, qui fait ici équipe avec le très talentueux chef opérateur Anthony Dod Mantle, a pourtant un sens aiguë de la mise en scène. Dans le sous-marin principalement, on sent une évidente recherche au niveau des cadrages, de leur beauté, leur dynamisme, de ce qu’ils racontent et de leur dramaturgie. Cela ne compense évidemment pas l’inconsistance du scénario. Un autre choix de mise en scène fait débat, celui de l’anglais comme langue unique. C’est une convention qu’on accepte ou non. Si elle n’a pas gêné l’auteur de ces lignes, et je m’étonne presque qu’on puisse s’en étonner, elle a gêné visiblement beaucoup de monde. C’est pourtant une convention largement utilisée par Hollywood et le cinéma de façon plus générale, convention à laquelle le public est habitué désormais. Evidemment, c’est toujours mieux de voir des russes parler russe entre eux et non pas l’anglais mais c’est ainsi.

Le casting est mené par un trio de choc, voire un quatuor, composé de Matthias Schoenaerts dans le rôle principal, Léa Seydoux dans celui de son épouse et Colin Firth dans celui du responsable militaire représentant la communauté internationale. Enfin, c’est l’immense Max Von Sydow qui incarne le général russe responsable du fiasco de son armée. Il est évident que chacun d’entre eux tient bien son rôle mais, eux non plus ne relèvent pas le niveau.

KURSK se laisse regarder et peut même être édifiant et déranger tant les autorités russes ont été parfaitement irresponsables mais, il manque un sacré ingrédient au film pour qu’il devienne réellement passionnant ou, en tout cas, un petit peu plus intéressant. Sa mise en scène et sa technique sont soignées tout comme le casting est impeccable mais cela n’est guère suffisant.

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A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.