Equipe:
Durée: 103‘
Genre:
Date de sortie: 04/10/2005
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Harry Lockhart, voleur en fuite, se retrouve accidentellement au beau milieu d’un casting de polar hollywoodien. Afin de préparer au mieux son rôle, il fait équipe avec un détective privé sans foi ni loi et une comédienne en herbe. Ils finiront par se retrouver impliqués dans une réelle et mystérieuse affaire de meurtre...

Notre critique:

Il a révolutionné tout un pan de l’écriture cinématographique tendance blockbuster…
Tout a commencé avec LETHAL WEAPON et son tandem de choc. Blanc et noir, despressif et passif, tête brûlée et prudent… en mariant les personnages antagonistes à l’écran, Shane Black a redéfini le buddy-movie… Un LAST BOY SCOUT, LAST ACTION HERO et THE LONG KISS GOODNIGHT plus tard, l’homme touche des chèques avec 6 zéros (en dollars) à chaque ponte…Sauf que la tasse prise par le Renny Harlin stoppe net les prétentions du scénariste. Près de 10 plus tard, Black refait surface avec KISS KISS BANG BANG, une satire de ses propres ouvrages baignant en plein film noir…

Le scénario retors à souhait, l’humour à froid, la mise en abîme du cinéma… tout y est! Shane va jouer au petit malin, on le sait, on le sent et il le fait! Respectant les codes des films noirs, Black fourre son récit de chausse-trappes et autres fausses pistes en tout genre, il s’amuse et nous tout autant. Il égratigne gentiment le milieu hollywoodien, il joue des références et étale culture et savoir-faire en illustrant avec idées son histoire. Magnifiquement servi par des deux acteurs – Val Kilmer incomparable en détective gay trouve une répartie de taille et impeccablement merveilleuse en la personne de Robert Downey Jr – , on a peur que le gaillard derrière l’entreprise ne se prenne les pieds dans ses belles bobines. Et ce qui devait arriva, en dénonçant ouvertement quelques grandes règles de l’industrie américaine (dont il est un des principaux instigateurs), Shane Black s’octroie certains droits totalement mal venus. Ainsi chez lui, dénoncer lui permet d’utiliser cette même règle, puisqu’il vient de nous dire qu’à Hollywood on s’en sert tout le temps, mais que lui, en la dénonçant, peut y recourir sans qu’on puisse le taxer d’opportuniste. Là, le poisson devient un peu gros à avaler.

Reste que son KISS KISS BANG BANG est un pur plaisir de cinéphile qui a l’audace et l’avantage de se marier à une véritable histoire et dépasse de loin la pochade scolaire. C’est en fait une sorte de très belle confession intime vachement bien emballée!

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Journaliste