Equipe:
Durée: 73‘
Genre:
Date de sortie: 25/11/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Un plan et le décor est planté. Le Kazakhstan, une ferme isolée dans la steppe aride. Jasulan y est né. Il a douze ans, maintenant. Il a toujours vécu là, à l'abri du monde. Son père lui coupe la télévision, parce que voir des jeunes filles nues, c'est mauvais. Inconscient des lois qui régissent le monde réel, Jasulan les découvre bien malgré lui lorsque le médecin l'envoie dans une maison de repos. Le jeune kazak se retrouve au milieu de jeunes russes, qui parlent une langue qu'il ne connaît pas. D'abord simple spectateur isolé, Jasulan devient vite une victime privilégiée des caïds de cette micro-société où prime la loi du plus fort. Ce séjour est également l'occasion pour lui de découvrir les femmes...

Notre critique:

KARDIOGRAMMA aborde deux angles clé dans l’épanouissement d’un enfant: l’échelle de force qui sépare inévitablement les êtres humains, et la sexualité. Omirbaev pousse l’analyse dans les plus petits détails, avec finesse et intelligence. Il aborde les grands tabous de l’enfance. Il ne provoque pas, se contente de les mettre à plat avec tendresse et légèreté. Son discours est juste, dépouillé d’une psychologie qui l’aurait sans aucun doute alourdi. On suit avec intérêt l’engrenage qui entraîne Jasulan jusqu’à sa révélation finale et la décision qui s’ensuit.

Le récit est limpide et rigoureux comme une démonstration mathématique. Il n’y a pas d’histoires secondaires. Ormibaev suit les pas de Jasulan. Son regard est celui de l’enfant. La caméra nous renvoie sa vision droit dans le coeur. Que ce soit dans la mise en scène ou dans le décor (de longs couloirs vides, des salles aux murs vierges, froides comme dans un hôpital), le film est épuré au maximum. Le rythme est lent, les rebondissements sont anodins. Un peu comme la vie…

Certes, KARDIOGRAMMA, prix Cinédécouvertes 97, est un digne produit burkinabé. Spécial, déstabilisant, il ne plaira pas à tout le monde. Certaines scènes paraissent franchement longues. Mais, par ailleurs, si on prend le temps de s’investir dans le film, de pénétrer son univers, on ressent une force que seules des oeuvres aussi simples peuvent nous procurer…

A propos de l'auteur

Journaliste