Equipe:
Durée: 115‘
Genre: Drame
Date de sortie: 29/11/2005
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Lorsque la guerre surgit au creux de l'été de 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions d'hommes.
Et puis arrive Noël, avec sa neige et son cortège de cadeaux des familles et des Etats Majors. Mais la surprise ne viendra pas des colis généreux qui jonchent les tranchées françaises, écossaises et allemandes.
Ce soir-là, un événement considérable va bouleverser à jamais le destin de 4 personnages: un pasteur Écossais, un lieutenant Français, un ténor Allemand et une soprano Danoise, "stars" de l'époque qui, à la faveur de la nuit de Noël 1914, vont se retrouver au coeur d'une fraternisation sans précédent entre les soldats de tranchée allemands, français et britanniques. Ils laisseront le fusil au fond de la tranchée pour aller voir celui d'en face, lui serrer la main, échanger avec lui une cigarette et du chocolat, lui souhaiter "Joyeux Noël!"...

Notre critique:

Dès les premières images, la toile de fond est posée: 14-18, une guerre à l’état brut, un environnement horrible qui laisse et laissera beaucoup d’hommes sur le carreau. Une guerre où de nombreux officiers sans états d’âme envoient leurs hommes au casse pipe comme l’avait bien montré Kubrick dans son célèbre PATHS OF GLORY.

Jouant sur les contrastes, le film profite du côté horrible de la guerre pour exacerber les sentiments des protagonistes et du spectateur mais aussi pour faire jaillir un humour salutaire aux bons moments (la blague du général écossais qui passe par les latrines est criante de vérité).
Mêlant mini-récits et Histoire, le scénario nous fait rentrer de plein pied dans la vie passée et présente des personnages. De cette rencontre improbable en pleine trêve (un mot qui prend tout son sens ici!) de Noël naît un moment magique irréel et hors du temps qui va renforcer l’absurdité de la guerre en posant la question essentielle: comment se tirer dessus, s’entretuer une fois que l’on connaît celui sur lequel on tire?

L’interprétation est à l’image du film et de la guerre de 14: multi-culturelle et pan-européenne. Depuis une Diane Kruger débordant de charme et de talent, en passant par un Guillaume Canet plus grave que de coutume, jusqu’à un Danny Boon superbement employé à contre-emploi, tous sont parfaitement à l’aise dans leurs personnages.

Le réalisateur-scénariste Christian Carion (UNE HIRONDELLE A FAIT LE PRINTEMPS) signe avec JOYEUX NOEL un film humaniste, un parfait conte de Noël (parfois un peu trop Noël, il est vrai) qui se paie le luxe d’être basé sur des faits réels. Mais au-delà du conte, les conclusions du film ne laissent hélas aucun doute sur le fait que la paix dans le monde est loin d’être souhaitée par tout le monde, y compris une Eglise qui faisait de la guerre une véritable croisade…

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...