Equipe:
Durée: 72‘
Genre:
Date de sortie: 24/06/1997
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Pendant le tournage de KANSAS CITY, Robert Altman réunit vingt et un des meilleurs musiciens de jazz contemporains. La jam-session dure une semaine, qu'Altman filme en permanence...

Notre critique:

JAZZ ’34 est le dernier film de Robert Altman, tourné en 1996 juste après KANSAS CITY. Inédit en Belgique, il sera projeté cet été dans le cadre de l’Ecran Total, à l’Arenberg.

Le réalisateur est connu pour sa production en dents de scie, émaillée de sommets prestigieux, tels M*A*S*H, THE PLAYER et SHORTCUTS. Amoureux du jazz, Altman avait ancré son KANSAS CITY dans la capitale jazzy des années ’30. Malheureusement, le résultat n’a pas été brillant: c’était un thriller quelconque mettant en scène la diabolique Jennifer Jason Leigh. Le jazz restant une toile de fond floue dans laquelle se perdaient les fils de l’intrigue. Altman n’avait pas réussi à nous communiquer son enthousiasme.

Aussi décide-t-il de consacrer un documentaire à ce style musical. JAZZ ’34 est un clip de plus d’une heure, un retour dans le passé soigneusement orchestré par un inconditionnel du genre. L’idée est simple et plaisante: Altman engage une flopée de jeunes musiciens américains, les habille de costumes d’époque et les enferme dans un décor de bar. Il ne lui reste plus qu’à laisser tourner sa caméra et à enregistrer les artistes. Pas question d’imiter les grands jazzmen des années ’30, les musiciens jouent leur propre musique « à la mode de ». On gagne en naturel et en sincérité.

Hélas, le résultat n’est pas à la hauteur de ce qu’on aurait pu espérer. Si la bande son est agréable et entraînante, la mise en image est sans grande inspiration. Altman se contente de balayer mécaniquement son décor d’un musicien à l’autre, et il est rare que la caméra ne se laisse emporter par les solos endiablés. Seule la lumière réchauffe la photographie, par moment superbe, mais le montage est bien trop régulier, bien trop systématique, pour ne pas nous lasser.

Le manque de créativité qui baigne le film est singulièrement frappant: même les commentaires en voix off qui séparent les différents morceaux sont affectés. Au lieu de partager son emballement, de donner des informations aux néophytes, le narrateur se contente de nous répéter inlassablement, « que toutes les nuits à Kansas City en 34, on pouvait s’éclater. » Ce qui n’est pas notre cas, à nous, spectateurs. Il ne nous reste plus qu’à ronger notre déception en attendant le prochain Altman, THE GINGERBREAD MAN, avec Kenneth Brannagh et Darryl Hannah, entre autres…

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Journaliste