Equipe: Damien Bonnard, Denis Podalydès, Didier Sandre, Emmanuelle Seigner, Louis Garrel, Mathieu Amalric, Melvil Poupaud, Robert Harris, Roman Polanski, Wladimir Yordanoff
Durée: 126‘
Genre: Drame biographique
Date de sortie:
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus, jeune officier prometteur de l’armée française, est dégradé pour avoir espionné pour l’Allemagne et condamné à la réclusion à perpétuité sur l’île du Diable, dans l’océan Atlantique, au large de la Guyane française. Georges Picquart, l'un des témoins de son humiliation, est promu à la tête de l'unité de contre-espionnage militaire qui a traqué Dreyfus. Mais lorsque Picquart découvre que des secrets sont encore en train d'être transmis aux Allemands, il est entraîné dans un labyrinthe dangereux de tromperies et de corruption qui menace non seulement son honneur, mais sa vie.

Notre critique:

Dans la liste des réalisateurs controversés je demande Roman Polanski. Le franco-polonais est effectivement le sujet d’une affaire de pédophilie qu’on ne présente plus. Sa personnalité est donc toujours délicate à traiter. Entre ceux qui estiment qu’il faut faire la distinction entre une oeuvre et son auteur et ceux qui trouvent qu’il ne faut pas lui faire de pub vu qu’il n’a jamais été blanchi par la justice, difficile de savoir comment se positionner. Cette situation pose toujours question plus de quarante ans après les faits si bien que la présidente du jury de la 76e Mostra de Venise a déclaré ne pas vouloir voir le film avant de finalement se rétracter. 

J’ACCUSE fait allusion au titre de l’article d’Emile Zola publié après l’affaire Dreyfus. C’est une adaptation d’un livre de Robert Harris qui lui-même raconte les faits. Il s’agit d’une adaptation pure et simple de l’affaire elle-même, que l’on pense connaître dans les grandes lignes mais qui comporte de nombreux détails et rebondissements. Cette grande injustice judiciaire a marqué les esprits et restera une référence historique si bien qu’aujourd’hui encore, on en parle toujours. A ce propos, si J’ACCUSE est une telle réussite (comme ça c’est dit), c’est en partie grâce au fait que, malheureusement, cette oeuvre résonne toujours autant dans notre monde moderne. Avec tout ce qu’ont traversé Dreyfus mais aussi le héros du film, le colonel Piquard, il est évident que cela parlera au plus grand nombre. Mensonges, campagnes de désinformation, mise au pilori  et campagnes de diffamation sont ce qu’ont subi ces deux personnages qui, aujourd’hui encore, sont des références en matière de justice. 

Si Alfred Dreyfus est la première victime, c’est le colonel Piquard qui est le héros de l’histoire. Après avoir contribué à la condamnation de Dreyfus, il va remplir un nouveau rôle militaire en tant que chef des renseignements. Cette position va l’amener à analyser des secrets et suivre des pistes, dont une qui, semblerait-il, pourrait innocenter Dreyfus. A partir de ce moment là, Piquard va se donner corps et âme pour mener sa mission à bien. Il est interprété à merveille par un Jean Dujardin en très grande forme. Mais tel est le cas de tout le casting, tout simplement excellent et mené, pour le plus grand nombre, par des comédiens issus de la Comédie Française. C’est ainsi que l’on retrouve Louis Garrel, Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Denis Podalydes, Damien Bonnard, Melvil Poupaud, Grégorys Gadebois ou encore Vincent Grass.

Ce casting sublime les grands moyens déployés pour le film. La photographie, les décors, les costumes, la musique, tout est simplement impeccable. C’est vraiment une production d’excellente qualité à montrer dans les écoles pour diverses raisons. La quête de vérité, la justice, les « fake news », l’antisémitisme et bien d’autres sujets sont abordés ici. Le côté thriller est présent pour le côté divertissement et haletant mais, en sortant de là, les spectateurs sortiront grandis.

Avec J’ACCUSE, Roman Polanski signe un retour en force étonnant qui devrait ravir les déçus de son précédent film.

Un petit podcast pour la route? Alors c’est par ici:

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A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.