Titre français: Iznogoud – Calife à la place du calife

Equipe:
Durée: 95‘
Genre:
Date de sortie: 08/02/2005
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Sournois et manipulateur, le grand vizir Iznogoud n’a qu’une chose en tête: devenir Calife à la place du Calife Haroun El Poussah. Secondé par son fidèle Dilat Larath, il est prêt à user de tous les stratagèmes pour arriver à ses fins.

Notre critique:

Ce qu’il y a de bien avec Patrick Braoudé, c’est que l’on peut clairement se dire et ceci sans vexer personne, qu’il n’est pas et a vraiment très peu de chances de devenir un jour le nouveau Jacques Tatidu cinéma français. En fait pour être honnête, jusqu’à pas plus tard qu’hier et à la lecture du dossier de presse d’IZNOGOUD, j’avais complètement oublié l’existence de GENIAL MES PARENTS DIVORCENT ou encore de 9 MOIS, bref deux purs moments de cinéphilie drolatique dont il est l’heureux et chanceux auteur. Du coup avec de telles références, ce n’est ni fébrile, ni avec les mains moites ou encore la mâchoire tremblante et le regard rempli d’espoir, que j’attendais quoi que ce soit de cette nouvelle adaptation de bande dessinée qui bizarrement m’amena à avoir cette terrible pensée: « Si ça se trouve pendant que j’écris ces lignes, on est en plein pourparlers pour adapter Boule et Bill avec casting international ou qui sait les Schtroumpfs avec tournage au fin fond de la pampa sud-américaine! »

Blague à part, comme on s’y attendait un tout petit peu, IZNOGOUD n’est rien d’autre qu’un gros produit marketing formaté, esthétiquement même pas beau, et surtout sans un gramme d’impertinence et d’inventivité par rapport à son modèle original. Si pour faire un film, il suffisait d’accumuler quelques blagues et jeux de mots plus poussifs les uns que les autres, des clins d’œil cinématographiques enfoncés à coup de massue, une bonne charrette d’effets spéciaux en images de synthèse et de faire pousser la chansonnette à la vedette « d’jeun » du moment en n’oubliant pas d’y ajouter quelques caméos ciblant le même public, et bien IZNOGOUD serait bien placé pour décrocher la grande casserole de l’année. Le regretté Jacques Villeret et même le désormais très « bankable » Michaël Youn (pour une fois ni trash, ni scato) ont beau se montrer persuasifs et fidèles à l’esprit de Tabary et Goscinny dans leur prestation, il faut bien avouer que ni la direction d’acteurs (en pilotage automatique) ni la mise en scène (plate comme une planche à pain) ne semblent être le fort de Patrick Braoudé. Et l’histoire dans tout ça, me direz-vous? Hé bien le problème c’est qu’hormis une succession de situations sans réel intérêt, mal ficelées les unes aux autres et frisant souvent le n’importe quoi, à moins de s’intéresser de près à la notion de vide, les chances de tomber dans la magie des contes des mille et une nuits sont pour ainsi dire nulles. Quand à l’étirement soutenu des zygomatiques, ça relève carrément du mirage.

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Journaliste

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