Equipe:
Durée: 98‘
Genre:
Date de sortie: 10/06/1997
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Rene Vidal, un réalisateur sur le déclin, se lance de le remake du serial muet LES VAMPIRES de Louis Feuillade. Ne trouvant aucune Française capable de jouer Irma Vep aussi bien que Musidora à l'époque, il engage une Hong-Kongaise. Sur le plateau, c'est le chaos...

Notre critique:

Qu’est-ce qui est le plus frustrant ? La moutarde qui monte au nez à la vision d’un film d’auteur qui, ostensiblement, ne s’adresse à personne ; ou bien la mayonnaise qui descend dans les chaussettes en s’apercevant que le réalisateur passe à 10 kilomètres d’un sujet prometteur ?

Pourtant, Olivier Assayas s’est entouré d’acteurs au mieux de leur forme. Dès qu’il rencontre Maggie Cheung dans un festival, il a immédiatement l’envie de tourner un film avec elle, pour elle. L’actrice hong-kongaise explose à l’écran. Elle est extraordinaire. Dans son costume de latex moulant, elle allie sensualité et naturel. Mais peu à peu, Assayas l’oublie. Il se tourne vers ses personnages secondaires, à tel point qu’ils vont presque voler la vedette à la star asiatique. Ceci dit, Jean-Pierre Léaud renouvelle son excellente interprétation de POUR RIRE. Derrière un visage calme, il laisse transparaître une agitation psychologique presque effrayante. De son côté, Nathalie Richard réussit à donner vie à un personnage tellement disparate que cela en devient un exploit.

Pourtant l’idée de s’inspirer d’un vieux classique de Louis Feuillade, LES VAMPIRES, de 1914, est séduisante, d’autant plus que le réalisateur, plutôt que de copier l’original, raconte l’histoire du tournage du remake. Malheureusement, cette mise en abîme en dit long sur le résultat: un remake dont l’actrice principale est asiatique et dont le réalisateur pète un plomb parce qu’il s’aperçoit qu’il réalise un navet.

Assayas gaspille ses chances. Il joue avec le feu et s’y brûle au troisième degré. On ne lui en veut pas de faire la critique d’un certain cinéma français, « pour intellectuels et pour un public très restreint ». Par contre, on lui en veut d’y appartenir, à ce courant-là. Car son film est long, se replie sur lui-même, et ne ressemble en définitive qu’à une bouderie infantile, là où il voulait être un grand coup de gueule envers ses confrères prétentieux. Raté, quoi.

Et si le thème ne plaît pas, n’espérez pas que la forme le fera passer. IRMA VEP est une succession d’événements sans queue ni tête, inutiles et gratuits. Il n’y a pas de véritable fil conducteur. Par contre, il y a un suspense. Un vrai. Est-ce que le réalisateur, Vidal, va réussir à transcender son sujet ? Evidemment que oui. Donc, on nous conduit mollement vers les trois dernières minutes du film, pendant lesquelles Assayas s’éclate. Enfin. Un retour à l’image brute, primaire, primitive. Un plaisir pour les yeux. Un plaisir bien coûteux au prix de la place et du temps perdu à les attendre.

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Journaliste