Titre français: In & Out

Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 24/02/1998
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Howard Brackett, honorable prof d'anglais d'une non moins honorable bourgade typiquement US, est sur le point de se marier. Mais ne voilà-t-il pas que lors de la cérémonie des oscars, Cameron Drake, ancien élève de Howard et désormais meilleur acteur, dédie son oscar tout frais à son professeur et à l'homosexualité de ce dernier. Emoi dans la bourgade! Emoi dans le moi d'Howard! Etre gay ou ne pas être gay, telle est la question.

Notre critique:

Nous voici en présence d’un pur produit hollywoodien qui, sur le ton de la comédie, nous apprend qu’être homosexuel n’est pas une maladie honteuse. Quoi, comment, on peut être homosexuel et être un type bien? On peut être pédé et ne pas être rejeté par son papa et sa maman? Quelle découverte! Quel choc! Ironie à part, ce qui est effarant, au-delà des maigres qualités comiques de la chose, c’est qu’en 1998, Hollywood se sente encore le devoir moral d’expliquer ce genre de trivialités au bon peuple américain. Bien sûr, les scandales répétés liés aux supposées relations extra-conjugales de monsieur Clinton nous laissaient entrevoir le virulent regain de puritanisme au pays de l’oncle Sam. Mais tout de même, Tom Hanks était sorti oscarisé pour PHILADELPHIA, qui avait de surcroît rencontré un réel succès public.

Remettre pareillement le couvert pour un combat (à savoir, l’acceptation de l’homosexualité dans notre société occidentale) que l’on aurait souhaité être définitivement d’arrière-garde, fait froid dans le dos.

Il est de certaines avancées sociales et/ou culturelles que l’on aimerait pouvoir tenir pour définitivement acquises, du genre le droit de vote pour tous, la gratuité de l’enseignement, le droit des femmes à la contraception, l’abolition de la peine de mort. Le respect des inclinations affectives et sexuelles de chacun fait partie de ces avancées. L’existence même d’un film comme IN & OUT ne fait que prouver qu’en ces matières les retours en arrière sont toujours possibles et que, tel le Phénix, l’obscurantisme puritain sera toujours capable de renaître de ses cendres.

Sombre constat que ne vient même pas égayer la présence de Frank Oz à la réalisation. L’autrefois jubilatoirement burlesque réalisateur de THE LITTLE SHOP OF HORROR, de DIRTY ROTTEN SCOUNDRELS ou encore de WHAT ABOUT BOB? a laissé sa verve au vestiaire pour assurer une rassurante mise en boîte. Et ce ne sont pas les quelques vannes lancées à l’encontre de la cérémonie des oscars et des top models (bien que le coup du téléphone soit authentiquement génial!) qui relèveront ce brouet par ailleurs bien peu pimenté.

Ah oui, pour ceux qui s’inquiétaient de savoir ce que Tom Magnum Selleck était devenu, le voici de retour, peigné et sans moustache, dans le rôle d’un journaliste touille crotte.

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Journaliste