Titre français: Le Facteur

Equipe:
Durée: 100‘
Genre:
Date de sortie: 0
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

IL POSTINO est un film simple qui raconte l'amitié déséquilibrée entre le poète chilien Pablo Neruda et le facteur occasionnel de l'île italienne où il s'est exilé. A peine lettré, le facteur voudra apprendre la poésie du maître pour séduire la belle Béatrice. Le poète se prêtera au jeu de l'amitié, témoignant même au mariage des deux amants. Mais après avoir quitté l'île, il gardera ses distances, alors que le facteur croira toujours en son amitié.

Notre critique:

Au milieu des très numérisés TOY STORY, BABE et autres BRAVEHEART, IL POSTINO faisait un peu figure d’ovni lors de la cérémonie des oscars. Film en langue italienne, dirigé par un anglais, joué par un français, il méritait néanmoins sa place dans la grande fête du cinéma américain. Il est seulement dommage qu’une juste statuette ne soit venue récompenser les qualités de ce grand film.

Il y a dans IL POSTINO des relents du néo-réalisme italien : un mélange de gravité et de dérision, un message social, des personnages simples, la beauté du quotidien, des sentiments purs,… Pourtant, l’histoire n’est pas exempte de cruauté. Celle, involontaire, de Neruda, mais aussi celle de la vie. Mais le réalisateur Michael Radford a su l’évoquer avec beaucoup de délicatesse, laissant toujours une place pour l’espoir. On pourra peut-être reprocher le final : le noir et blanc, le ralenti, forcent l’émotion plus qu’ils ne la suscitent. Mais qu’importe, le film reste en état de grâce qui fait pardonner ces excès.

Bien que la voix qui le double en italien provoque une petite gêne, Philippe Noiret compose un Neruda plein de justesse. Mais c’est Massimo Troisi qui retient toute l’attention. Découvert dans le SPLENDOR de Scola, l’acteur-réalisateur porte toute l’émotion du film sur sa silhouette tremblante. Atteint d’une maladie cardiaque, il a du confier la direction à Michael Radford, et il ne pouvait jouer que deux heures par jour. Sa respiration lente, sa démarche lasse, son regard sincère et intense resteront gravés dans les mémoires. Il s’est donné tout entier dans son rôle avant de décéder, une semaine seulement après la fin du tournage. La reconnaissance internationale de son film est le plus bel hommage qui puisse lui être rendu.

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.