Titre français: Sam, Je Suis Sam

Equipe:
Durée: 116‘
Genre:
Date de sortie: 30/04/2002
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Bien que souffrant d'une légère déficience mentale proche de l'autisme, Sam Dawson est un brave type connu dans tout le quartier. Sa petite vie organisée se partage entre le restaurant du coin où il sert les cafés pour se rendre utile, sa passion pour les Beatles et les sorties et soirées avec sa bande d'amis handicapés comme lui. Mais un jour une SDF avec qui il a une aventure, le laisse en plan et lui colle dans les bras le bébé qu'elle vient d'avoir de lui. Sans le mode d'emploi pour s'en occuper, seul et totalement dévoué, pendant sept ans Sam va élever Lucy (prénom donné en hommage aux quatre de Liverpool) jusqu'à ce que les services sociaux aient vent de la situation. Estimant que la fillette est sur le point de dépasser son père intellectuellement, ils décident de la placer dans une famille d'adoption. Pour Sam commence alors une longue bataille juridique pour récupérer sa garde. Pour l'aider dans son combat, il décide de faire appel aux services de Rita Harisson (choisie devinez pourquoi), une avocate carriériste et ambitieuse qui accepte de le défendre gratuitement suite à un pari avec ses collègues.

Notre critique:

N’y allons pas par quatre chemins, je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne je fais partie de ceux et celles qui pensent que Sean Penn aussi bien en tant qu’acteur que réalisateur, fait partie des types les plus doués de sa génération. Si l’on exclu deux ou trois fautes de parcours (personne n’est parfait), au fil des années et de ses performances devant ou derrière la caméra, son nom sur une affiche est devenu une sorte de sésame pour le spectateur, estampillé d’un label qualité. Malheureusement pour cette fois il semble que le chant manipulateur et intéressé des sirènes d’Hollywood, l’ait dangereusement fait s’échouer sur les écueils du mélo dégoulinant de guimauve et larmoyant à souhait. Car il faut bien avouer que dans l’art du pleurnichage que le public de l’Oncle Sam paraît particulièrement affectionner, ce bon gros mélo atteint des sommets affligeants.

Rien n’a été laissé au hasard pour chercher à attendrir notre muscle cardiaque et essayer de nous ramollir les neurones. Et pour mieux prendre son public en otage, la réalisatrice Jessie Nelson (jusqu’alors scénariste de chefs d’œuvre du même acabit que ce premier long), n’a rien trouvé de plus original que d’utiliser les vieux ingrédients faciles et sirupeux qui habituellement accommodent ce genre de salade. Quel meilleur filon pour faire pleurer dans les chaumières et jouer avec les cordes sensibles du spectateur que d’utiliser des animaux (ah les meilleurs amis des hommes), des enfants (si possibles inconnus mais avec une frimousse craquante pour le côté « a new star is born ») et des personnes handicapées (des vraies pour faire plus authentique et pi une vedette pour le petit numéro performance/défi de l’acteur).

Filmé caméra à l’épaule pour faire moderne, I AM SAM exploite lourdement ce tiercé navrant dans un scénario simpliste et manichéen bien évidemment enrobé de tout plein de bons sentiments et d’une bonne dose de scènes « brise-cœur » qui n’en finissent pas de s’étaler et se répandre au détriment de toute vraisemblance et de tout bon sens. Comment un pauvre gars comme Sam, incapable de servir un café sans en foutre partout et provoquer des catastrophes a-t-il pu s’occuper seul d’une enfant pendant sept ans? Mais qu’importe que tout cela sonne faux puisque l’amour est plus fort que tout et surtout que l’indispensable petite leçon moralisatrice sur la tolérance made in USA est là, agaçante à souhait et aussi convaincante qu’un politicien vantant les mérites de l’intégrité et du don de soi.

Trop c’est trop! A ce stade ce n’est même plus de la manipulation mais carrément un traquenard, sans parler des publicités pour boissons, couches culottes et autres machins, outrageusement affichées une scène sur deux. En regardant Sean Penn imiter Dustin Hoffman en comptant ses paquets de sucre faute de cure-dents et se dandiner sur un air des Beatles, j’avais juste envie de crier Help et de sortir de la salle. Ma boîte de mouchoirs mérite mieux que ça.

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Journaliste

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