Equipe:
Genre:
Date de sortie: 01/07/2003
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le Dr David Banner est un généticien réputé. Arrivé au bout de ses recherches, il expérimente sur lui-même un sérum étrange. Lors de la naissance de son fils Bruce, il se rend compte que ce dernier a subi des modifications génétiques et est un monstre potentiel. Ce que découvrira à ses dépends Bruce alors qu'il est devenu un jeune scientifique de talent...

Notre critique:

Il fallait oser le pari étonnant de donner à un réalisateur presque intimiste, un sujet basé sur un personnage de Marvel des années 60… Car on ne peut pas dire qu’Ang Lee (CROUCHING TIGER HIDDEN DRAGON, SENSE AND SENSIBILITY, EAT DRINK MAN WOMAN) soit celui que l’on attendait pour un tel film. Mais souvent l’alliance du feu et de la glace peut donner de très bons résultats…

Pour THE HULK, Ang Lee donne à sa mise en scène plusieurs dimensions inhabituelles pour un film de ce genre: prendre son temps pour l’exposition des personnages, adopter des formats rappelant la BD et enfin octroyer la place qu’ils méritent aux dialogues.

Le temps de l’interprétation.Ménageant ses personnages, Lee leur donne l’espace nécessaire pour que les caractères s’étoffent. Il prend aussi son temps (près d’une heure!) avant de faire apparaître le géant vert, sachant que sa créature de synthèse ne fera pas le poids à elle seule, même si les progrès techniques d’ILM sont fabuleux. Il faut donc la nourrir de la psychologie de Banner (interprété par le surprenant Eric Bana – CHOPPER) et des autres protagonistes.

Des cases et des rêves.Pour raconter cette histoire très proche du thème de King Kong (avec Betty –Jennifer Connely dans le rôle de la belle) mais qui puise ses origines dans l’imagerie en deux dimensions, Ang Lee a choisi d’utiliser et de multiplier les split-screens mimant ainsi les cases d’une BD, permettant, sur un même écran, une narration simultanée. Mêlant onirisme et réalité dans son récit, enchaînant les plans avec maestria et exprimant le plus souvent les situations graphiquement (emplacement du labo par exemple), il parvient aussi à renforcer l’imagerie ‘comics’ et augmenter le mystère.

Du dialogue là où il faut.Ang Lee ne fait pas un film aux dialogues ânonnants, il sait laisser la place aux dialogues lorsque c’est nécessaire, ce qui permet à l’histoire d’avancer quand il faut ou de renforcer les moments de romance…

Cependant, même si tous ces points jouent en sa faveur, Ang Lee n’évite pas une certaine froideur due à un débordement technologique outrancier. Il tombe aussi parfois dans les défauts de sa cuirasse, notamment avec l’affrontement final entre les Banner père (superbement interprété par Nick Nolte) et fils, qui est hélas trop théâtralisé, et ne colle pas vraiment avec l’ensemble. On se demandera aussi pourquoi les scénaristes de ce type de film doivent toujours inventer des origines différentes de celles du comics (bien sûr donner un père à Bruce Banner augmente l’intensité dramatique, mais à part çà?).

Au final, ce HULK a le mérite de laisser la place à une multitude d’essais souvent réussis qui pourraient ouvrir la voie à des films de super-héros plus sophistiqués dans lesquels les réalisateurs seraient plus que de simples exécutants des hautes oeuvres. Espérons-le en tout cas…

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...