Titre français: Zizanie Dans Le Bronx

Equipe:
Durée: 97‘
Genre:
Date de sortie: 27/08/1996
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Pour protéger le magasin familial dans le Bronx, l'inspecteur Keung doit affronter les gangs locaux et la mafia, entrainant un cortège de destruction...

Notre critique:

Acteur, réalisateur, cascadeur inégalé, Jackie Chan mérite sa réputation mondiale. Et c’est seulement aujourd’hui, après près de vingt ans de succès, qu’un distributeur belge se décide à sortir un de ses films en salle. Les vidéophiles et les abonnés de Canal + ont la chance de le connaître. Les autres qui le découvriront risquent d’être surpris, perplexes. Pour apprécier à sa juste valeur RUMBLE IN THE BRONX, production typique de Chan, on a besoin d’une petite mise au point.

L’art de Jackie Chan réside presque exclusivement dans la cascade, poussée à un degré de folie qui coupe le souffle. Le scénario mincissime n’est qu’un prétexte à un enchaînement de combats et de courses-poursuites semblables à des ballets. Du film de baston en apparence, mais pas n’importe lequel : c’est un mélange d’acrobatie pure et d’humour, qui retrouve à la fois la frénésie des films burlesques et la sophistication spatiale des comédies musicales américaines. On a souvent comparé Chan à Chaplin ou à Gene Kelly, tant ses chorégraphies sont étourdissantes. Il avoue d’ailleurs s’inspirer de Buster Keaton, dont il partage les qualités d’acrobates, malheureusement sans atteindre la poésie.

Parler de RUMBLE IN THE BRONX revient à faire l’énumération des scènes d’action. Peu importe que Chan joue un Chinois (policier nous dit le dossier de presse, ce n’est même pas précisé dans le film) en vacances à New York. Peu importe la raison qui le pousse à affronter tour à tour une bande d’improbables bikers du Bronx et la mafia. Il faut le voir se battre dans un parking en évitant avec grâce casseurs, motos et camions. Il faut le voir échapper à ses poursuivants en se protégeant avec tout ce qui lui passe sous la main : portières de voitures, toits ouvrant, frigo, billard, flippers, camion rempli de ballons. Il faut le voir transformer tout et n’importe quoi en arme farfelue: une veste, une béquille, un casque, un ski, et toutes autres sortes de choses. Pour couronner ce festival d’action, on a droit à une gigantesque casse finale avec un hovercraft lancé plein à pleine vitesse à travers la circulation new-yorkaise.

Comme le veut la tradition, RUMBLE IN THE BRONX s’achève par le bêtisier des cascades ratées. En voyant Jackie Chan vraiment se faire rouler dessus, assommer à coup de bouteille, tomber de 10 mètres de haut, se faire écraser le crâne contre un mur, continuer ses cascades avec une jambe dans le plâtre -tout ça en gardant le sourire-, on se demande quand même parfois s’il n’a pas le bocal un peu trop agité. Reconnaissons tout de même que son dévouement presque suicidaire est parvenu à élever l’acrobatie au rang des beaux-arts.

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.