Equipe: Dirk Roofthooft, Dominique Deruddere, Hilde Van Mieghem, Josse De Pauw, Marc Didden
Durée: 97‘
Genre: Drame
Date de sortie: 23/09/1997
Cotation: oo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Bruno (Josse De Pauw) et Roger (Dirk Roofthooft) sont frères. L'un est contrôleur en chef à la douane et mène une vie pépère, honnête et sans éclats. L'autre, d'une magouille à l'autre, aspire à vivre tous les plaisirs de la vie, n'hésitant pas à brûler la chandelle par les deux bouts et à tremper dans des histoires qui passent régulièrement la frontière de la légalité. Poursuivi par des truands auxquels il doit de l'argent, Roger profite de la mort de leur mère pour essayer de convaincre son frère de l'aider à s'en sortir.

Notre critique:

En 1989, Dominique Deruddere réunissait autour de lui un casting impressionnant (Joe Mantegna, Ornella Muti, Faye Dunaway et –of courseJosse De Pauw) pour WAIT UNTIL SPRING, BANDINI, l’adaptation du roman homonyme de John Fante.

Huit ans et une SUITE 16 plus tard, il nous revient avec ce HOMBRES COMPLICADOS qui nous laisse perplexe, voire consterné.

L’idée de base en vaut mille autres. La confrontation de deux personnages aux antipodes l’un de l’autre et chacun enviant secrètement l’autre peut-être propice à l’émergence de situations intenses. Sur papier, HOMBRES COMPLICADOS n’en manque pas. Malheureusement, un ensemble de facteurs gâche perpétuellement les quelques qualités que l’on peut deviner, rendant l’ensemble pire qu’indigeste.

Premièrement: la lumière. Cela faisait longtemps que l’on n’avait plus vu un film aussi vilainement éclairé. Tout semble avoir été filmé avec une lumière naturelle sur une peliculle un peu passée. Cela donne une image grise d’une tristesse à mourir, alors que l’histoire proprement dite, si elle n’est pas franchement comique, comporte nombre de moments trucculents. Les scènes oniriques n’échappent pas à ce lumineux ratage, par la faute d’une utilisation basique de la surexposition qui rend ces scènes fades et plates.

Deuxièmement: le rythme. Les rapports ombrageux et excessifs entre les deux frères réclamaient un montage énergique susceptible de donner à l’histoire un certain tempo. Ici, la succession de plans trop longs parvient sans peine à nous détacher du récit qui se déroule péniblement sous nos yeux. Et puis, fâchons-nous sur la scène de la fusillade qui n’est même pas digne d’un épisode de Derrick!

Troisièmement: la musique. La principale composition d’Arno qui rythme le film à coups de guitare blues-rock est d’une pesanteur à faire frémir. Son tempo lourd est en parfait décalage avec le montage mollasson et donne la constante impression d’avoir été plaquée arbitrairement sur les images. A tel point qu’il serait légitime de se demander si Arno a vu le film avant de composer!

Quatrièmement: la platitude! Dans HOMBRES COMPLICADOS, et dans le désordre, nous avons droit à Roger assis au cabinet et à un plouf de caca dans l’eau des cuvettes, à trente secondes de grattage de coucougnettes (à travers le pantalon mais tout de même), à un dentier dans un égoût, à un restant de vomi sur le menton et le pull d’un môme. Je passerai, pour ne pas me faire taxer de bégueule, sur le patin que se roulent les deux frères et sur la scène lesbienne entre les femmes des deux frères. Ce qui est gênant dans ces scènes, ce n’est pas tant leur vulgarité que l’indigente platitude de leur mise en images. Pour me faire comprendre, je citerais les films de John Waters. Summum de vulgarité mais également summum de drôlerie et de provocation. Chez Deruddere, rien de tout cela. C’est plat, cru et sans aucune distance.

Ces quatre éléments noient sans espoir de sauvetage l’interprétation des deux interprètes principaux dont on se demande pourquoi ils font tant d’efforts, surtout qu’ils ne sont pas trop bien entourés. Et, dès lors, les quelques éléments mal exploités (l’amitié naissante entre les deux femmes, le revirement de la prostituée, l’absence de contact entre Roger et son fils, etc.) d’où l’émotion aurait pu naître paraissent être uniquement le fruit du hasard !

La présence fugitive de Jaco Van Dormael en bouffon chantant apparaît comme une ultime faute de goût dans un film qui n’en compte décidément que trop !

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A propos de l'auteur

Journaliste