Equipe:
Durée: 91‘
Genre:
Date de sortie: 20/11/2001
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Hedwig est la star la plus étonnante et la plus inconnue du monde. Avec son groupe, elle sillonne les Etats-Unis de restaurants miteux en halls de centres commerciaux. Pourtant, chacune de ses chansons révèle son incroyable destin et sa vision du monde avec un indéniable talent. De son enfance est-allemande à sa solitude en passant par son opération et ses passions, Hedwig se raconte.

Notre critique:

Mélange de Bette Midler et Tim Curry (dans THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW), John Cameron Mitchell alias Hedwig, chanteuse pas tout à fait femme mais plus du tout homme raconte sa vie et l’origine de l’amour (empruntée à Platon) dans une superbe chanson.

« A l’origine du monde, il n’existait ni femme, ni homme mais un seul type d’être humain que par vengeance les dieux ont divisé en deux. L’aspiration à l’amour serait le sentiment qu’éprouve chaque moitié à la recherche de son complément » dit l’acteur-scénariste-réalisateur. Sur cette simple mais très belle idée, Mitchell a construit tout d’abord une comédie musicale off-Broadway rapidement couronnée de succès dont l’aboutissement est ce film glamrock à donf.

HEDWIG AND THE ANGRY INCH est une oeuvre entière, ronde intégralement tournée avec les tripes et doté de jolies idées de mise en scène mais aussi vampirisée par son acteur (dans tous les sens du terme). C’est un manifeste que l’on gobe ou que l’on recrache. Et c’est justement cette absence de compromis qui rend HEDWIG si touchant(e)! Et on ne peut que prendre son parti quand elle décline en chanson toute sa vie. Lorsque la musique se tait, la chanteuse fait place à l’être nu avec tous ses doutes, ses désirs et avec cette absence qui se situe dans son entre-jambes à la suite d’une opération.

La musique, les chansons et l’humour combiné à cette farouche détermination à revendiquer sa place dans la société font de HEDWIG AND THE ANGRY INCH un grand moment du cinéma indépendant de toute mode ou idée marketing. Un tour de force radical qui prouve sa nécessité par sa différence.

A propos de l'auteur

Journaliste