Equipe:
Durée: 130‘
Genre:
Date de sortie: 30/01/2001
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Harrisson Lloyd est un grand reporter photographe de guerre, envoyé en Yougoslavie en octobre 1991 pour couvrir "les débuts d'un conflit mineur". Quelques jours après son départ, on annonce sa mort à sa femme. Ne voulant admettre le pire, Sarah (Andie MacDowell) décide contre vents et marées de partir à sa recherche alors que les combats atteignent leur paroxysme...

Notre critique:

Les reporters de guerre n’ont pas eu très souvent les honneurs du grand écran, le dernier film en date étant WELCOME TO SARAJEVO de Michael Winterbottom. Elie Chouraqui, réalisateur dispensable et auteur entre autres de PAROLES ET MUSIQUES et de LES MARMOTTES, s’est lui aussi projeté au centre du conflit pour en restituer toute sa barbarie.

Sous le prétexte d’un drame familial et d’une histoire d’amour brisée, HARRISON’S FLOWERS illustre brutalement l’intensité de ce nettoyage ethnique inhumain et presque incompréhensible, où l’homme n’est qu’une pipe dans la ligne de mire de quelques snipers. Les séquences de « nettoyage » violemment impressionnantes ne bénéficient heureusement pas d’une quelconque stylisation. Tout y est arraché, tendu, sec et destructeur. Sans rien concéder au spectaculaire ou au voyeurisme primaire, le réalisateur assied un point de vue adulte, celui du « ils doivent savoir », shootant dans tous les sens des images, des témoignages des atrocités tolérées sous on ne sait quel couvert. Sifflement des balles, explosions assourdissantes, exécutions dégueulasses, passages de barrages à haut risque: tout est question de survie dans un métier tout aussi répugnant que nécessaire. Pourtant, ces louanges ne peuvent masquer la maladresse de l’emballage, un emballage vaguement semblable au SAVING PRIVATE RYAN de Steven Spielberg, sauf qu’ici quatre photographes parcourent des territoires mis à feu et à sang pour retrouver un collègue et mari hypothétiquement en vie. Cette dramaturgie ternit la force indéniable de l’ensemble mais termine à la fois un portrait judicieux de ces hommes et ces femmes qui risquent leur vie pour que les autres sachent.

A défaut d’être une oeuvre totalement réussie, HARRISON’S FLOWERS est un film utile et ça, ça vaut toujours la peine.

A propos de l'auteur

Journaliste