Equipe:
Durée: 103‘
Genre:
Date de sortie: 10/03/1998
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Nishi est détective. Au cours d'une mission, il abandonne son collègue et ami Horibe pour se rendre à l'hôpital au chevet de sa femme, atteinte d'une maladie incurable. Il apprend alors qu'Horibe a été blessé lors d'une fusillade et qu'il accuse une paralyse partielle. Nishi quitte la police, emprunte de l'argent à un yakuza pour aider son ami et emmène sa femme passer ses derniers jours en vacances...

Notre critique:

Lion d’Or au dernier festival de Venise, Takeshi Kitano (SONATINE) s’est ouvert au monde: on ne pouvait espérer mieux. Cette oeuvre au noir -remarquable- nous plonge dans un cinéma méconnu. Pourtant, ce réalisateur, acteur, monteur, scénariste est une star en Asie et est en passe de le devenir en Europe.

Technique irréprochable et narration incomparable sont les arguments du cinéma de Kitano. A la fois ultra-violent et minimaliste, le film s’attache à des personnages cassés, malmenés par le destin. Leur vie n’a plus de raison, alors la déraison prendra le pas les emmenant vers une oraison funèbre. A travers eux, il dépeint la vie (Hana: fleur et par extrapolation: l’amour et la vie) et la mort (Bi: le feu et donc la violence, la mort). Peu de dialogues mais des images époustouflantes, l’auteur abuse de non-dits pour nous immerger d’avantage dans son histoire. On est ébahi par tant de maîtrise. Il nous apprend à chérir tous ceux que l’on aime, à sauvourer chaque instant de notre existence car tout y bascule trop vite…

Egalement interprète du rôle titre, Kitano, marqué par un accident en 94, en a gardé des séquelles qui ne font qu’affermir la douleur du personnage. Ce dernier ne force en rien son jeu. Bercée par la magnifique composition musicale de Joe Hisaishi, le film n’en devient que plus dramatique. L’ensemble nous embarque vers une inéluctale fin étouffante et oppressante.

HANA-BI est une ode à la vie par le vecteur de la mort. Impressionnant!

A propos de l'auteur

Journaliste