Equipe:
Durée: 85‘
Genre: Film d’'horreur
Date de sortie: 24/11/1998
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

20 années ont passé. Et, en ce 31 octobre, Laurie Strode ne parvient pas à oublier le passé. Même en se faisant passer pour morte et en changeant d'identité, elle croit toujours que Michael Myers, son frère, le tueur d'Halloween, va revenir pour se venger. Elle l'a pourtant vu périr dans les flammes... Hélas, ce sont souvent les cauchemars les plus fous qui reprennent corps.

Notre critique:

Si SCREAM a clairement relancé le ‘slasher movie’ (film où un tueur taillade, assassine à coups de couteau), le père de ce genre outrancier (en dehors de PSYCHOSE, bien sûr) est très certainement HALLOWEEN de John Carpenter. En 1978, le film avait fait reculer les limites permises, faisant du tueur fou Michael Myers le pire cauchemar que l’on pouvait rencontrer. Il avait lancé une mode qui ne s’est arrêtée, à bout de souffle, qu’à la fin des années 80, pour mieux reprendre dans la deuxième moitié des années 90.

C’est notamment cette renaissance qui a donné l’idée à Jamie Lee Curtis (la Laurie du premier HALLOWEEN) de proposer ce film anniversaire au producteur Kevin Williamson (le scénariste de SCREAM), l’idée de base étant de voir ce qu’il était advenu de la seule survivante 20 ans après. C’est Steve Miner (HOUSE, VENDREDI 13 II et III), le réalisateur de FOREVER YOUNG dans lequel jouait Jamie Lee, qui s’est retrouvé embarqué dans le projet.

Et puisqu’il s’agissait d’un film en forme de référence, il fallait renforcer ces dernières de tous côtés. Le réalisateur Steve Miner a donc employé le thème musical principal de l’original (écrit par Carpenter), il a bien sûr réutilisé certains acteurs (l’infirmière de Loomis et Jamie Lee Curtis), fait quelques clins d’oeil (la présence de Janet Leigh, la mère à la ville de Jamie mais aussi l’actrice de PSYCHOSE), et choisi d’utiliser le format Panavision que Carpenter avait déjà dans le film de 78.

Hélas, le résultat n’est pas à la hauteur des prétentions: le film pèche par excès de copiage (ou d’hommage) et ne parvient qu’à redonner une idée de ce qu’était le premier sans vraiment se débarrasser ou au moins détourner les codes propres au genre.

Par contre, là où le film atteint indubitablement son but, c’est dans l’insistance à montrer que le tueur fait partie intégrante des cauchemars de Laurie Strode (les scènes récurrentes de visions de Myers chez Laurie en sont l’illustration). Et que, comme tel, il est immortel. Il correspond à la matérialisation des peurs les plus primitives, les plus enfouies aux tréfonds de tout un chacun. Il est d’ailleurs beaucoup plus explicite sur ce point que l’original.

Les nostalgiques ne pourront manquer d’aller voir HALLOWEEN H20 tandis que les autres pourront toujours se dire que c’était là le genre de film que l’on faisait fin des années 70…

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...